‹ Theatre complet de Jean RacineChapitre 192 sur 305 · PHÈDRE, THÉSÉE · texte numérisé non relu

PHÈDRE, THÉSÉE

Phèdre.

Seigneur, je viens à vous pleine d'un juste effroi. Votre voix redoutable a passé jusqu'à moi : Je crains qu'un prompt effet n'ait suivi la menace. S'il en est temps encor, épargnez votre race, Respectez votre sang, j'ose vous en prier ; Sauvez-moi de l'horreur de l'entendre crier ; Ne me préparez point la douleur éternelle De l'avoir fait répandre à la main paternelle.

Thésée.

Non, Madame, en mon sang ma main n'a point trempé ; Mais l'ingrat toutefois ne m'est point échappé : Une immortelle main de sa perte est chargée ; Neptune me la doit, et vous serez vengée.

Phèdre.

Neptune vous la doit ! Quoi ! vos vœux irrités...

Thésée.

Quoi ! craignez-vous déjà qu'ils ne soient écoutés ? Joignez-vous bien plutôt à mes vœux légitimes : Dans toute leur noirceur retracez-moi ses crimes ; Echauffez mes transports trop lents, trop retenus.

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