ASSUÉRUS, AMAN, HYDASPE, ASAPH
ASSUÉRDS.
Approche, heureux appui du trône de ton maître, Ame de mes conseils, et qui seul tant de fois Du sceptre dans ma main a soulagé le poids. Dn reproche secret embarrasse mon âme.
Je sais combien est pur le zèle qui t'enflamme : Le mensonge jamais n'entra dans tes discours, Et mon intérêt seul est le but où tu cours. Dis-moi donc. Que doit faire un prince magnanime Qui veut combler d'honneurs un sujet qu'il estime ? Par quel gage éclatant, et digne d'un grand roi, Puis-je récompenser le mérite et la foi ? Ne donne point de borne à ma reconnaissance. Mesure tes conseils sur ma vaste puissance.
Aman, tout bas.
C'est pour toi-même, Aman, que tu vas prononcer. Et quel autre que toi peut-on récompenser ?
AsSUÉRUS.
Que penses-tu ?
Amân.
Seigneur, je cherche, j'envisage Des monarques persans la conduite et l'usage. Mais à mes yeux en vain je les rappelle tous : Pour vous régler sur eux, que sont-ils près de vous ? Votre règne aux neveux^ doit servir de modèle. Vous voulez d'un sujet reconnaître le zèle. L'honneur seul peut flatter un esprit généreux. Je voudrais donc Seigneur, que ce mortel heureux. De la pourpre aujourd'hui paré comme vous-même, Et portant sur le front le sacré diadème. Sur un de vos coursiers pompeusement orné. Aux yeux de vos sujets dans Suse fut mené ; Que, pour comble de gloire et de magnificence, Un seigneur éminent en richesse, en puissance, Enfin de votre empire après vous le premier, Parla bride guida son superbe coursier,