‹ Theatre complet de Jean RacineChapitre 57 sur 305 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

MONTME, PHARNACE, XlPHARÈS.

Pharnace.

Jusques à quand. Madame, attendrez-vous mon père? Des témoins de sa mort viennent à tous moments Condamner votre doute et vos retarderaents. Venez, fuyez l'aspect de ce climat sauvage. Qui ne parle à vos yeux que d'un triste esclavage. Un peuple obéissant vous attend à genoux, Sous un ciel plus heureux et plus digne de vous. Le Pont vous reconnaît dès longtemps pour sa reine, Vous en portez encor la marque souveraine ; Et ce bandeau royal fut mis sur votre front Comme un gage assuré de l'empire de Pont. Maître de cet Etat que mon père me laisse, Madame, c'est à moi d'accomplir sa promesse. Mais il faut, croyez-moi, sans attendre plus tard, Ainsi que notre hymen, presser notre départ. Nos intérêts communs et mon cœur le demandent ; Prêts à vous recevoir, mes vaisseaux vous attendent, Et du pied de l'autel vous y pouvez monter. Souveraine des mers qui vous doivent porter.

Seigneur, tant de bontés ont lieu de me confondre. Mais, puisque le temps presse et qu'il faut vous répondre, Puis-je, laissant la feinte et les déguisements, Vous découvrir ici mes secrets sentiments ?

Pharnace.

Vous pouvez tout.

MoNIME.

Je crois que je vous suis connue.

Éphèse est mon pays. Mais je suis descendue

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