SCÈNE V
MITHRIDATE, MONIME
MiTHRIDATE.
Enfin j'ouvre les yeux, et je me fais justice. C'est faire à vos beautés un triste sacrifice, Que de vous présenter. Madame, avec ma foi, Tout l'âge et le malheur que je traîne avec moi. Jusqu'ici la fortune et la victoire mêmes Cachaient mes cheveux blancs sous trente diadèmes. Mais ce temps-là n'est plus. Je régnais, et je fuis. . Mes ans se sont accrus; mes honneurs sont détruits; Et mon front, dépouillé d'un si noble avantage, Du temps, qui l'a flétri, laisse voir tout l'outrage. D'ailleurs mille desseins partagent mes esprits. D'un camp prêt à partir vous entendez les cris. Sortant de mes vaisseaux, il faut que j'y remonte. Quel temps pour un hymen qu'une fuite si prompte, Madame I Et de quel front vous unir à mon sort, Quand je ne cherche plus que la guerre et la mort ? Cessez pourtant, cessez de prétendre à Pharnace : Quand je me fais justice, il faut qu'on se la fasse'. Je ne souffrirai point que ce fils odieux, Que je viens pour jamais de bannir de mes yeux,
4. On a beaaconp critiqué ce vers au point de vne grammat; Puisqu'on ne dit pas t se faire la justice », qu'on se la fasse est une expression impj'opre.