‹ Théátre complet de M. de Voltaire. 9Chapitre 100 sur 192 · ZELIDE, PAN O PE, LE S B ER G ERS · texte numérisé non relu

ZELIDE, PAN O PE, LE S B ER G ERS

armés de lances entrent avec les PERGERES , qui portent des

houlettes & des injlrumens de mujique champétre ^

Chœur des Bergers.

Demeurez , régnez fur nos rivages ;

Connaifez la paix & les beaux jours.

La nature a mis dans nos bocages

Les vrais biens ignorés dans les cours.

Une BERGERE

Sans éclat & fans envie,

Satisfait de notre fort,

Nous jouiffons de la vie ;

Nous ne craignons point la mort.

L'innocence & le courage.

L’amitié, le tendre amour.

Sont la gloire & l’avantage

De ce fortuné féjour.

( on danfc t )

Un Berger.

On peut nous charmer,

Jamais nous abattre :

Nous favons combattre,

Nous favons aimer.

Demeurez , régnez fur ces rivages ;

Théâtre, Tom, IX. L

Connaifez la paix & les beaux jours.

La nature a mis dans nos bocages

Les vrais biens ignorés dans les cours.

Pafteurs , heureux pafteurs, auffi doux qu’invincibles; Vous qui bravez la mort, vous qui bravez les fers

De nos pontifes inflexibles ,

Que j’aime vos rians déferts!

Que ce féjour me plaît ! que Memphis ef fauvage! Comment avez-vous pu dans ce bois enchanté.

Près des murs de Memphis, & près de l'efclavage,

Conferver votre liberté ?

Comment avez-vous pu vivre toujours fans maîtres,

Dans ces paifibles lieux?

Les Bergers.

Nous avons confervé les mœurs de nos ancêtres ; Nous bravons les tyrans, & nous aimons nos Dieux.

ZÉLIDE

Que de grandeur, ô Ciel ! dans la fimple innocence! Refpectables mortels ! Ciel heureux ! jours fereins !

LE s Bergers.

C'eft ainfi qu'autrefois vivaient tous les humains.

ZÉLIDE

Mais Tanis parmi vous a-t-il quelque puiffance?

Les Bergers.

Dans notre heureufe égalité, Tanis a fur nos cœurs la douce autorité

Que fes vertus & fa vaillance

N’ont que trop bien mérité. ============dz====9==O======;

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