ZELIDE, PAN O PE, LE S B ER G ERS
armés de lances entrent avec les PERGERES , qui portent des
houlettes & des injlrumens de mujique champétre ^
Chœur des Bergers.
Demeurez , régnez fur nos rivages ;
Connaifez la paix & les beaux jours.
La nature a mis dans nos bocages
Les vrais biens ignorés dans les cours.
Une BERGERE
Sans éclat & fans envie,
Satisfait de notre fort,
Nous jouiffons de la vie ;
Nous ne craignons point la mort.
L'innocence & le courage.
L’amitié, le tendre amour.
Sont la gloire & l’avantage
De ce fortuné féjour.
( on danfc t )
Un Berger.
On peut nous charmer,
Jamais nous abattre :
Nous favons combattre,
Nous favons aimer.
Demeurez , régnez fur ces rivages ;
Théâtre, Tom, IX. L
Connaifez la paix & les beaux jours.
La nature a mis dans nos bocages
Les vrais biens ignorés dans les cours.
Pafteurs , heureux pafteurs, auffi doux qu’invincibles; Vous qui bravez la mort, vous qui bravez les fers
De nos pontifes inflexibles ,
Que j’aime vos rians déferts!
Que ce féjour me plaît ! que Memphis ef fauvage! Comment avez-vous pu dans ce bois enchanté.
Près des murs de Memphis, & près de l'efclavage,
Conferver votre liberté ?
Comment avez-vous pu vivre toujours fans maîtres,
Dans ces paifibles lieux?
Les Bergers.
Nous avons confervé les mœurs de nos ancêtres ; Nous bravons les tyrans, & nous aimons nos Dieux.
ZÉLIDE
Que de grandeur, ô Ciel ! dans la fimple innocence! Refpectables mortels ! Ciel heureux ! jours fereins !
LE s Bergers.
C'eft ainfi qu'autrefois vivaient tous les humains.
ZÉLIDE
Mais Tanis parmi vous a-t-il quelque puiffance?
Les Bergers.
Dans notre heureufe égalité, Tanis a fur nos cœurs la douce autorité
Que fes vertus & fa vaillance
N’ont que trop bien mérité. ============dz====9==O======;