SCENE V
N o N , je ne puis fouffrir l’indigne déférence
Dont vous l’honorez à mes yeux»
La feule égalité m'offene,
L'injurieufe préférence
Eft un affront trop odieux.
ZÉLIDE
Il combat pour vous-même; eft-ceà vous de vous
plaindre?
Vous deviez plus d’égards aux exploits de Tanis,
il faut ménager , il faut craindre
Les grands cœurs qui nous ont fervis.
Pourfuivez , achevez , ingrate!
Faites tomber fur moi notre commun malheur.
Élevez jufqu'à vous un barbare, un pafteur.
Oubliez,... Liij
O fez-vous ?..
Oui, je vois qu’il s’en flatte ; Oui, vous encouragez fa téméraire ardeur.
Votre faibleffe éclate
Dans vos yeux & dans votre cœur.
Pourquoi foupçonnez-vous que je puiffe defcendre
Jufqu'à fouffrir qu’il vive fous ma loi ?
Vos foupçons menaçans fuffiraient pour m’apprendre
Qu’il n'eft pas indigne de moi.
O Ciel, qu’avec raifon, de ce fatal rivage
Je voulais partir aujourd’hui!
Pouvez-vous à ce point outrager mon courage?
ZÉL I d Si l’égaler à vous c’eft vous faire un outrage, Surpafez ion grand cœur en fervant mieux que lui;
Chœur des Pasteurs, derrière la [cène*
Aux armes , aux armes !
Marchons, fignalons-nous.
Eh bien, je vais périr pour vos perfides charmes Je vais chercher la mort, & j’en chéris les coups.
Vous feule caufez mes alarmes : Je n’ai point d’ennemis plus funeftes que vous.
( il fort, )
Le Chœur.
Aux armes, aux armes !
Marchons, fignalons-nous.