SCÈNE VIL
T A N I S , ZELIDE, Gardes.
Tan i s.
O prodige inutile! 8 douloureuses peines !
Phanor combat pour vous, & je fuis dans les chaî-
nes!
Tous les miens m’ont fuivi, mais leurs fecoursfont
lents ;
Je n’ai pour vous que des vœux impuiffans.
C H OE U R , derrière la [cène.
Cédez, tombez , mourez, facrilèges coupables l
Nos traits font inévitables.
Zelide.
Entendez-vous les cris des combattans?
Quel fon harmonieux fe mêle au bruit des armes ! Quel mélange inoui de douceurs & d’alarmes !
( On entend une fymphonie douce, )
CHOEUR, derrière la fcène.
Des Dieux équitables
Prennent loin de vos beaux jours;
Des Dieux favorables
Protègent vos tendres amours.
M iv Je reconnais la voix de nos Dieux fecourables: Ces Dieux de l’innocence arment pour vous leurs
bras.
C H OE U R des combattant.
Tombez, tyrans ! mourez, coupables !
Tombez dans la nuit du trépas !
ZELIDE.
Je frémis !
Non, ne craignez pas.
Si mes Dieux ont parlé, j'efpère en leur clémence ;
J’en crois leurs bienfaits & mon cœur.
Ils ont conduit mes pas dans ce féjour d'horreur.
Ils font - éclater leur puiffance ;
ils étendent leur bras vengeur.
Zelide et Tanis.
Dieux bienfefans, achevez votre ouvrage ; Délivrez l’innocent qui n’efpère qu’en vous.
Lancez vos traits , écrafez fous vos coups
Le barbare qui vous outrage.
( Les gardes emmènent Zelide & Tunis. )
Z ELIDE On vous redoute encore, on nous fépare, hélas 1
La mort approche , on nous fépare.
Qu’ils tremblent à la voix du ciel qui fe déclare ; C'eft à nous d’efpérer jufqu'au fein du trépas.
Fin du fécond A Lie.
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