‹ Théátre complet de M. de Voltaire. 9Chapitre 141 sur 192 · SCÈNE 1 IL LE PERE de Glycère 6 de Prejline , LE PERE de Daphnis · texte numérisé non relu

SCÈNE 1 IL LE PERE de Glycère 6 de Prejline , LE PERE de Daphnis

petits vieillards ratatines , marchant les premiers la canne à

la main , DAPHNIS conduifant GLYCÈRE & toute la

Noce , PRESTINE.

GLYCERE à Prefine.

P ARDONNE, chère fœur à mes fens éblouis :

Je me fuis arrêtée à regarder Daphnis; J’étais hors de moi-même, en extale, en delire;

Et je n’avais qu’un fentiment.

Va, tout ce que je te puis dire,

O iij

C’eft que je t’en fouhaite autant.

Les deux Peres.

DUO

Oh ! qu’il eft doux fur nos vieux ans

De renaître dans fa famille !

Mon fils.... ma fille

Raniment mes jours languiffans ;

Mon hiver brille

Des rofes de leur printems.

Les jeunes-gens, qui veulent rire ,

Traitent un vieillard

De rêveur, de babillard :

Ils ont grand tort ;

Chacun afpire

A notre fort ;

Chacun demande à la nature

De ne mourir qu’en cheveux blancs ;

Et dès qu’on parvient à cent ans.

On a place dans le Mercure.

Il s’agit bien de fredonner ; Ah/ vous avez, je penfe, affez d’autres affaires. Savez-vous à quel homme on a voulu donner Le foin de célébrer vos amoureux myftères ?

A Grégoire.

GLYCERE, effrayée.

A Grégoire !

Eh ! qu’importe , grands Dieux !

Tout m’eft bon, tout m’el précieux ; Tout eft égal ici, quand mon bonheur approche. Si Glycèreef à moi, le refte ef étranger.

Qu’importe qui fonne la cloche.

Quand j’entends l’heure du berger ?

Rien ne peut me déplaire, & rien ne m'intérefe. Je ne vois point ces jeux , ce feftin folennel , Ces prêtres de l’hymen, ce temple, cet autel;

Je ne vois rien que la Dèefle.

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