SCÈNE 1 IL LE PERE de Glycère 6 de Prejline , LE PERE de Daphnis
petits vieillards ratatines , marchant les premiers la canne à
la main , DAPHNIS conduifant GLYCÈRE & toute la
Noce , PRESTINE.
GLYCERE à Prefine.
P ARDONNE, chère fœur à mes fens éblouis :
Je me fuis arrêtée à regarder Daphnis; J’étais hors de moi-même, en extale, en delire;
Et je n’avais qu’un fentiment.
Va, tout ce que je te puis dire,
O iij
C’eft que je t’en fouhaite autant.
Les deux Peres.
DUO
Oh ! qu’il eft doux fur nos vieux ans
De renaître dans fa famille !
Mon fils.... ma fille
Raniment mes jours languiffans ;
Mon hiver brille
Des rofes de leur printems.
Les jeunes-gens, qui veulent rire ,
Traitent un vieillard
De rêveur, de babillard :
Ils ont grand tort ;
Chacun afpire
A notre fort ;
Chacun demande à la nature
De ne mourir qu’en cheveux blancs ;
Et dès qu’on parvient à cent ans.
On a place dans le Mercure.
Il s’agit bien de fredonner ; Ah/ vous avez, je penfe, affez d’autres affaires. Savez-vous à quel homme on a voulu donner Le foin de célébrer vos amoureux myftères ?
A Grégoire.
GLYCERE, effrayée.
A Grégoire !
Eh ! qu’importe , grands Dieux !
Tout m’eft bon, tout m’el précieux ; Tout eft égal ici, quand mon bonheur approche. Si Glycèreef à moi, le refte ef étranger.
Qu’importe qui fonne la cloche.
Quand j’entends l’heure du berger ?
Rien ne peut me déplaire, & rien ne m'intérefe. Je ne vois point ces jeux , ce feftin folennel , Ces prêtres de l’hymen, ce temple, cet autel;
Je ne vois rien que la Dèefle.