‹ Théátre complet de M. de Voltaire. 9Chapitre 151 sur 192 · LES DEUX PÈRES, G L Y C É R E · texte numérisé non relu

LES DEUX PÈRES, G L Y C É R E

Le PERE de Glycère.

O Uï, c’était des vapeurs : c'eft une maladie Où les vieux médecins n'entendent jamais rien. Cela vient tout-d'un-coup... quand on fe porte bien.7. Une fécondé dofe à l’inûant t’a guérie.

Oh 1 que cela t’a fait de bien !

Le P E R E de Daphnis»

Ces efpèces de maux s’appellent frénéfie.

Feû’ ma femme autrefois en fut long-tems faisie Quand fon mal lui prenait, c’était un vrai démon.

Le PE R E de Glycere.

Ma femme auffi.

Le P ERE de Daphnis,

C’était un torrent d'invectives.

Un tapage , des cris, des querelles fi vives...»

Le P E R E de Glydre.

Tout-de-même.

Le P E R E de D^phnis.

Il fallait déferter la maifon.

La bonne me difait:;e te hais ! d’un courage,

ACTE TROISIÈM E. 335 D’un fond de vérité.... cela partait du cœur. Grâce au ciel, tu n’as plus cette mauvaife humeur, Et rien ne troublera ta tête & ton ménage.

GLYCERE, fi relevant d'un banc de gazon oit ellt

était penchée, A peine je comprends ce funefte langage.

Qu'eft-il donc arrivé ? qu’ai-je fait? qu’ai-je dit ? A l’amant que j'adore aurais-je pu déplaire ?

Hélas ! j’aurais perdu l’efprit !

L’amour fit mon hymen : mon cœur s en applaudit : Vous le favez, grands Dieux ! fi ce cœur eft fincère.

Mais, dès le fécond coup de vin

Qu’à cet autel on m’a fait-boire ,

Mon amant eft parti foudain ,

En montrant l’humeur la plus noire:

Attachée à fes pas , j’ai vainement couru.

Où donc eft-il allé ? ne l’avez-vous point vu ?

Le PERE de Daphnis.

Il arrive.

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