LES DEUX PÈRES, G L Y C É R E
Le PERE de Glycère.
O Uï, c’était des vapeurs : c'eft une maladie Où les vieux médecins n'entendent jamais rien. Cela vient tout-d'un-coup... quand on fe porte bien.7. Une fécondé dofe à l’inûant t’a guérie.
Oh 1 que cela t’a fait de bien !
Le P E R E de Daphnis»
Ces efpèces de maux s’appellent frénéfie.
Feû’ ma femme autrefois en fut long-tems faisie Quand fon mal lui prenait, c’était un vrai démon.
Le PE R E de Glycere.
Ma femme auffi.
Le P ERE de Daphnis,
C’était un torrent d'invectives.
Un tapage , des cris, des querelles fi vives...»
Le P E R E de Glydre.
Tout-de-même.
Le P E R E de D^phnis.
Il fallait déferter la maifon.
La bonne me difait:;e te hais ! d’un courage,
ACTE TROISIÈM E. 335 D’un fond de vérité.... cela partait du cœur. Grâce au ciel, tu n’as plus cette mauvaife humeur, Et rien ne troublera ta tête & ton ménage.
GLYCERE, fi relevant d'un banc de gazon oit ellt
était penchée, A peine je comprends ce funefte langage.
Qu'eft-il donc arrivé ? qu’ai-je fait? qu’ai-je dit ? A l’amant que j'adore aurais-je pu déplaire ?
Hélas ! j’aurais perdu l’efprit !
L’amour fit mon hymen : mon cœur s en applaudit : Vous le favez, grands Dieux ! fi ce cœur eft fincère.
Mais, dès le fécond coup de vin
Qu’à cet autel on m’a fait-boire ,
Mon amant eft parti foudain ,
En montrant l’humeur la plus noire:
Attachée à fes pas , j’ai vainement couru.
Où donc eft-il allé ? ne l’avez-vous point vu ?
Le PERE de Daphnis.
Il arrive.