‹ Théátre complet de M. de Voltaire. 9Chapitre 38 sur 192 · H E R N AND · texte numérisé non relu

H E R N AND

Elle hait votre fang.

Le Duc de Forx.

Quelle haine indomptable

Peut tenir contre tant d’amour ?

Pour un héros tout jeune & fans expérience ; Vous embrafez beaucoup de terrain à-la - fois: Vous voudriez finir la méfintelligence

Du fang de Navarre & de Foix; Vous avez en fecret avec le Roi de France

Un chiffre de correfpondance.

Contre un Roi formidable ici vous confpirez; Vous y rifquez vos jours & ceux des conjurés. Vos troupes vers ces lieux s'avancent à la file, Vous préparez la guerre au milieu des feftins; Vous bernez le feigneur qui vous donne un afile ; Sa fille, pour combler vos finguliers deftins. Devient folle de vous , & vous tient en con-

trainte :

Il vous faut employer & l’audace & la feinte;

Théâtre. Tome IX. D Téméraire en amour & criminel d’Etat, Perdant votre ration, vous rifquez votre tête.

Vous allez livrer un combat,

Et vous préparez une fête ?

LeDuc de Foi x.

Mon cœur de tant d'objets n’en voit qu’un feul ici; Je ne vois , je n’entends que la belle Conftance. Si par mes tendres foins fon cœur eft adouci.

Tout le relie eft en affurance.

Don Pèdre périra , don Pèdre eft trop haï.

Le fameux du Guefclin vers l'Efpagne s’avance ;

Le fièr Anglais, notre ennemi, D’un tyran détefté prend en vain la défenfe; Par les bras des Français les Rois font protégés ; Des tyrans de l’Europe ils domptent la puiffance : Le fort des Caftillans fera d’être vengés

Par le courage de la France.

Et cependant, en ce féjour.

Vous ne connaiffez rien qu’un charmant efclavage

Le Duc de Foix.

Va, tu verras bientôt ce que peut un courage

Qui fert la patrie & l’amour.

Ici tout ce qui m’inquiète , C'eft cette paflion dont m’honore Sanchette ,

La fille de notre baron.

C'eft une fille neuve, innocente, indifcrette.

Bonne par inclination,

D ij

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