‹ Théátre complet de M. de Voltaire. 9Chapitre 49 sur 192 · MORILLO,SANCHETTE,GUILLOT · texte numérisé non relu

MORILLO,SANCHETTE,GUILLOT

G U I L L O T , tout ejjbuflé.

A u fecour s, au fecours ! ah, quelle étrange aubade!

Quoi donc?

SANCHETTE

Qu’a-t-il donc fait ?

Dans ces jardins là-bas, g E iv

io 4 LA PRINCESSE DE NAVARRE.

MORILLO

Eh bien ?

Cet Alamir & ce monsieur l’Alcade;

Les gens d’Alamir, des foldats , .

Aynt du fer par-tout, en tête, au dos , aux bras. L’étrangère enlevée au milieu des gens-d'armes. Et le brave Alamir tout brillant fous les armes. Qui la reprend foudain, &fait-tomber à-bas.

Tout alentour de lui, nez, mentons, jambes, bras ,

Et la belle étrangère en larmes, Des chevaux renverfés, & des maîtres defous.

Et des valets deffus , des jambes fracaffées , Des vainqueurs, des fuyards , des cris, du fang , des

coups, Des lances à-la-fois & des têtes caflées , Et la tante, & ma femme, & ma fille, avec moi, C'eft horrible à penfer , je fuis tout mort d’effroi.

SANCHETTE, Eh , n'eft-il point blefé?

C'eft lui qui bleffe & tue; C’eft un héros, un diable.

MORILLO

Ah , quelle étrange ifue !

Quel maudit Alamir, quel enragé, quel fou !

S’attaquer à fon maître , & hazarder fon cou ! Et le mien , qui pis eft ! Ah , le maudit efclandre! Qu’allons-nous devenir ? Le plus grand châtiment

E V Sera le digne fruit de cet emportement ?

Et moi, bien for auffi de vouloir entreprendre De retenir chez moi cette fière Beauté :

Voilà ce qu’il m’en a coûté !

Afemblons nos parens , allons chez votre mère. Et tâchons d'afoupir cette effroyable affaire.

SANCHETTE, en s en allant.

Ah ! Guillot , prends bien foin de ce jeune officier;, 11 a tort en effet, mais il ef bien aimable : Il eû fi.brave/ =====================================?

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