ÉRIGONE
Confervez-la plutôt pour augmenter vos feux;
Hiij
Banniffez feulement le bruit & le ravage:
Si par vous le monde eft heureux,
Je vous aimerai davantage.
Les faibles fentimens offenfent mon amour ;
Je veux qu’une éternelle ivrefe De gloire, de grandeur, de plaifirs, de tendrefe.
Règne fur mes fens tour-à-tour.
Vous alarmez mon cœur ; il tremble de fe rendre ; De vos emportemens il eft épouvanté:
il ferait plus tranfporté.
Si le vôtre était plus tendre.
Partagez mes tranports divins ; Sur mon char de victoire , au* fein de la molefe ; Rendez le ciel jaloux ; enchaînez les humains : Un dieu plus fort que moi nous entraîne & nous prefe.
Que le thyrfe règne toujours
Dans les plaifirs & dans la guerre ;
Qu’il tienne lieu du tonnerre
Et des flèches des Amours.
Le Chœur.
Que le thyrfe règne toujours
Dans les plaifirs & dans la guerre;
Qu’il tienne lieu du tonnerre ;
Et des flèches des Amours.
Quel Dieu de mon ame s’empare !
Quel défordre impétueux!
Il trouble mon cœur , il l’égare :
L’amour feul rendrait plus heureux.
Mais quel eft dans ces lieux ce temple folitaire?
A quels Dieux eft-il confacré ?
Je fuis vainqueur; j’ai fu vous plaire :
Si Bacchus eft connu, Bacchus eft adoré.
Un des SUIVANS de Bacchus, La Gloire eft dans ces lieux le feul Dieu qu’on adore; Elle doit aujourd’hui placer fur fes autels
Le plus auguites des mortels.
Le vainqueur bienfefant des peuples de l'Aurore
Aura ces honneurs folennels.