LIDIE, A R S I N E
L I D i E, M uses, filles du ciel , la paix règne en vos fêtes ;
Vous fufpendez les mortelles douleurs , Dans les cœurs des humains vous calmez les tempêtes;
Les jours fereins naiffent de vos faveurs.
Amour , fors de mon cœur ; Amour , brife ma chaîne,
Belus m’abandonne aujourd’hui ;
Dépit vengeur , trop jufie haine,
Soyez, s’il fe peut, mon appui.
Amour, fors de mon cœur ; Amour , brife ma chaîne ,
Ne fois pas tyran comme lui.
Les Mufes quelquefois calment un cœur fenfible , Et pour les implorer vous quittez votre cour ; Mais craignez d’y chercher ce guerrier invincible : Au temple de la Gloire il vole en ce grand jour ;
il en fera plus inflexible.
Non , je veux dans fon cœur porter le repentir. Il cherche ici la Gloire , & ce nom me rafure ;
La Gloire ne pourra choifir
Un vainqueur injufte & parjure.
Hélas ! je l’ai cru vertueux.
Que le fort l’a changé ! que fa grandeur l’égare ! Je l’ai cru bienfefant , fenfible , généreux ;
Son bonheur l’a rendu barbare.
ARSINE, il infulte à des Rois qu’a domptés fa valeur ;
Théâtre, Tome IX. X
Devant lui marchent la vengeance ,
L'orgueil , le fafte , la terreur,
Et l’amour fuit de fa préfence.
Que de crimes , ô Ciel ! avec tant de vaillance !
Déeffes de ces lieux , appuis de l’innocence,
Confolez mon cœur alarmé ;
Secourez-moi contre moi-même ,
Et ne permettez pas que j’aime
Un héros enivré de fa grandeur fuprême ,
Qui n’eft plus digne d’être aimé.