SCÈNE PREMIÈRE
GASSÂNBRE.
Sostëne, on va fînir ces mystères terribles >. Cassandre espëre enfin des dieux moins inflexibles : Mes jours seront plus purs^ et mes sens moins troublés; Je respire.
SOSTÈNE.
Seigneur^ près d'Éphèse assemblés.
Les guerriers qui servaient sous le roi votre père Ont lait entre mes mains le serment ordinaire t Déjà la Macédoine a reconnu vos lois ; De ses deux protebteurs Éphèse a fait le choix. Cet honneur^ qu'avec vous Antigone partage , Est de vos grands destins un auguste présage : Co règne , qui commence à Torobre des autels , Sera béni des dieux ^ et chéri des mortels^ Ce nom d'initié, qu'on révère et qu'on aime^ Ajoute un nouveau lustre a la grandeur suprême. Paraissez.
CASSANDRE
Je ne puis : tes yeux seront témoins De mes premiers devoirs et de mes premiers soins^
354 OLiafp^E.
Demeure en ces parvis.... Nos augustes prétresses
Prësentent Oliinpie aux autels des déesses :
Elle expie en secret, remise entre leurs bras.
Mes malheureux forfaits, qu'eAle ne connaît pas.
lyaujouréTbui je commence une nouvelle vie.
Puisses- tu pour jamais , chère et tendre Olimpie ,
Ignorer ce grand crime avec peine eflàcë ,
Et quel sang t'a fait naître , et quel sang j'ai versé I .
SOSTENE.
Quoi ! seigneur, une enfant vers TEuphrate enlevée , Jadis par votre père a servir réservée , Sur qui vous étendiez tant de soins généreux. Pourrait jeter Cassandre en ces troubles affireux !
gassândre.
Respecte cette' esclave a qui tout doit hommage : Du sort qui Tavilit je répare l'outrage. Mon père eut ses raisons pour lui cacher le rang Que devait lui donner la splendeur de son sang.... Que dis-je ? ô souvenir! 6 temps ! ô jour de crimes ! Il la comptait , Sostène , au nombre des victimes Qu'il iipmolait alors a notre sûreté.... Nourri dans le carnage et dans la cruauté , Seul je pris pitié d'elle^ et je fléchis mon père; Seul je sauvai la fille, ayant frappé la mère. Elle ignora toujours mon crime et ma fureur. Olimpie, k jamai» conserve ton erreur!
Tu chéris dans Cassandre un bienfaiteur, un maître^. Tu-me détesteras^ si tu peux te connaître.- •
SOSTÈNE. <
Je ne pénètre point ces étonuans secrets , Et ne viens vous parler que de vos intérêts. Seigneur^ de tous ces rois que nous voyons prétendre Avec tant de fureur au trône d'Alexandre , L'inflexible Antigone est seul votre allié
CASSANDEE.
J'ai toujours avec lui respecté l'amitié; Je lui serai fidèle.
SOSTENK.
Il doit aussi vous l'être :
Mais depuis qu'en ces murs nous le voyons paraître ,