SCÈNE VI
OLIMPIE, GASSANDRE, ANTIGONE, Pretrb^e.
ANTIGONE
Enfin votre vertu ne peut plu* s'en défendre;
Statira vous dictait l'arrêt qu'il vous faut rendre.
J'ai respecté les morts et ce jour de terreur;
Vous en pouvez juger, puisque mon bras vengeur
N'a point encor de sang inondé cet asile ,
Puisqu'un moment encore a vos ordres docile.
Je vous prends en ces lieux pour son juge et le mien.
Prononcez votre arrêt, et ne redoutez rien.
On vous verra, madame , et du moins je Tespère,
Distinguer l'assassin du vengeur d'une mère.
La nature a des droits. Statira , dans les cieux
A côté d'Alexandre , arrête ici ses yeux.
Vous êtes dans ce temple encore ensevelie;
Mais la terre et le ciel observent Olimpie.
Il faut entre nons deux que vous vous déclariez.
OLIMPIE.
J'y consens; mais je veux que vous me respectiez. Vous voyez ces apprêts, ces dons que je dois faire » A nos dieux infernaux, aux mânes d*une mère^ Vous choisissez ce temps , impétueux rivaux , Pour me parler d'hymen au milieu des tombeaux ! Jurez-moi .seulement, soldat du roi mon père. Rois après son trépas , que , si je vous suis chère.
^06 OLIMPIG.
Dans ce moment du moins , rectonaissant mes lois , Vous ne ironblerez point mes devoirs et mon choix.
CASSAlfD&E.
Je le dois , )e le )ure^ et vous devez connaître Combien je vous respecte , et dédaigne ce traître.
ANTIGONB.
Oui> je le jure aussi ^ bien sûr que votre cœur Pour ce rival barbare est pénétré d'horreur. Prononcez ; Yj souscris.
OLDCPIE.
Songez^ quoi qu'il en coûte > Yous-même Pavez dit , qu'Alexandre m'écoute.
ANTIGONE
Décidez devant lui.
CASS ANDRE
J'attends vos volontés.
OLIMP2E.
Connaissez donc ce cœur que vous persécutez ,
Et vous-même jugez du parti qui me reste.
Quelque choix que je fasse, il doit m'être funeste.
Yons sentez tout l'excës de ma calamité :
Apprenez plus ; sachez que je l'ai mérité.
J'ai trahi mes parens, quand j'ai pu les connaître ;
j'ai porté le trépas au sein qui m^a fait naître :
Je trouvais une mëre en ce séjour d*effiroi;
Elle est morte en mes bras, elle est morte pour moi.
Elle a dit a sa fille , k ses pieds désolée :
« Épousez Antigone , et je meurs consolée . »
Elle était expirante j et moi , pour l'achever.
Je la refuse.
AirriGONE.
Ainsi vous pouvez me braver.
Outrager votre mère, et trahir la nature!
OLIHPIE.
A ses mânes, a vous, je ne fais point d'injure ;
Je rends justice à tous, et je la rends à moi
Cassandre, devant lui je vous donnai ma &>i;
Yoyez si nos liens ont été légitimes.
Je vous laisse en juger : vous connaissez vos crimes;