‹ Théâtre complet de Voltaire, avec notes, remarques et variantesChapitre 247 sur 275 · ACTE SECOND · texte numérisé non relu

ACTE SECOND

Mes yeux ont vu dé loin des tentes , des soldats ; Ces rochers ont cache rna terreur. et mes pas; Celui qui me guidait a cessé de paraître. A peine devant vous puis-je me reconnaître ; • Je me meurs. ' .

FULYIE.

^ , Julie ! >

JULIE

Eh quoi , vous soupirez !

FULYIE.

De vos maux et des miens mes sens sont déchirés.

JULIE

Vous souffrez comme moi ! quel malheur vous opprime ? Hélas I où sommes-nous ?

FBIiVIE.

Dans le séjour du crime , Dans cette île exécrable où trois monstres unis Ensanglantent le monde , et restent impunis.

JULIE

Quoi ! c'est ici. qu'Antoine et le barbare Octave Ont condamné Pompée, et font la terre esclave !

FULYIE.

C^est sous ces pavillons qu'ils règlent notre sort; De Pompée ici même ils ont signé la mort.

• JUUB«

Soutenez-moi y grands dieux I » *

FULYIE.

De cet affreux repaire Ces tigres sont sortis : leur, troupe sanguinaire Marche en. ce même instant au rivage opposé. L'endroit où je vous parle est U mollis exposé ; Mes tentes sont ici; gardc# qu'on ne vous voie. Venez, calmez ce trouble où votre ame'se noie.

JULIE

Et la femme d'Antoine est ici mon. appui ï

FULYIE.

Grâces k ses forfaits je ne suis plus k lui. Je n'ai plus désormais de parti que le vôtre» *

Le destin par pitié nous rejoint Tune k l'autre. »

Qu'est devenu Pompée ?

THÉÀTAE. TOME III. IQ

44s LE muWVlRAfl

lUIlE. *•

Ahl que m'atez^TOVs dit?

Pourquoi vous informer d'un- mattieureaz proscrit P

rULTIB.

Est^il en sûreté? parler eo assurance : J'atteste ici les dieux, et KofilC5 et ma vengeance , Ma haine pour Octave , et mes traB^orta>jaloax ., Que mes soins répondront de Pompée et de vous , Que je vai? vous défendre au péril de ma vie.

TOtXÈ.

Hélas! c'est dotic k .vous qu^l faut que {e me fie!

Si vous avez aussi connu l'adversité^

Vous n'aurez pas sans doute assez de cruauté

Pour achever ma mort , et trahir ma misère.

Vous voyez où des dieux me cpuduit la colère.

Vous avez dans vos mains , par d'étranges hasards ,

Le destin de Pompée et du sang des Césars.

J'ai réuni ces noms ; l'intérêt de la terre

A. formé qotre hymen au mâteu de la guerre.

Bome , Pompée , ot moi^ tout est prêt k périr ;

Aurez-vous la vertu d'oser les secourir?

FTTLVDE.

J'oserai plus eneor; s'il est sur ce rivage, Qu'il daigne seulement seconder mon eeurage. Oui , je crois que le ciel, si long-temps inhumain. Pour nous vetiger tous trois, l'a coB<kdtpar la main f Oui« j'armerai son bras contr-t la tyrannie. . Parlez : ne craignez plus.

lULlÊ.

Errante» pourMHrvie, Je fuyais avec lui le f«r éen assassins , Qui de Rome sanglante inondaient les ohemins ; ?fous allions vers son camp i déjà sa rtfninnniëe Vers Césène assemblait les ilëbris d'une armée; A travers les dangers» près de nous rçnaîsaans. Il conduisait mes pas incertains et tremblans. La mort était partout ; 4ea sanglans âatellifecs Des plaines de Césèue occupaient les liink«%. La nuit nous égarait vers ce funeste bord Où régnent les tyrans , où préside la mort.

Notre fatale erreur n'était point reconnue i Quand la foudre a frappé notre suite éperdue. Là terre en mugisiant s'entr'ouvre sons nos pas. Ce séjour en effet est ceim dn trépas.

FULYXE.

Eh bien , est-il encore en cette Hé terrible ? S'il ose se montrer, sa perte est infaillible , Il est mort.

Je le sais.

FULTIE.

Où. dois*je le chercher ?

Dtfns quel secret asile a-t-il pu se cacher ?

JtTLIK.

Ah! madame.*. «.

FULVIE

Achevez ; e^est trop de défiance ; Je pardonne k l'amour un doute qui m'offense Parlez , je ferai tout.

Puis- je le croire ai»5i ?

Je vous le jure encore.

JULIH.

Ehhie^..... ilesti^i.

C'en est asset; allons.

JULIE

n cherchait un passage Pour sortir avec moi de cette île sauvage ; Et ne le voyant plus dap9 C03 rodhers déserts , Des ombres du trépas mes yeux se sont couverts. Je mourais , quand le ciél , une fois favorable , M'a présenté par vaus une fofdn seçouiahle.

&GÈNB V.

FULVIE, JULIE, ALSINE, «»i tRW^sf.

iC TRIBUN.

Madame , une étmngère ^'t ici |>rl>s de vons. De leur autORté Iw Triumvirs jaloux

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