‹ Théâtre complet de Voltaire, avec notes, remarques et variantesChapitre 68 sur 275 · F Y LA DE · texte numérisé non relu

F Y LA DE

Le seul Égislbe Dut recevoir de nous ce monument si triste.

ELECTRE

Qu'entends^je ? ô nouveau crime ! 6 désastres plus grands ! Les cendres de mon frère aux mains de mes tyrans! Des meurtriers d'Oreste, ô ciel ! suis- je entourée?

ORESTE

De cre reproche affreux mon ame déchirée Ne^ peut plus

ELECTRE

Et c'est vous qui partagez mes pleurs?

Au nom du fils des rois, au nom des dieux vengeurs, S^il n'est pas mort par vous, si vos mains généreuses Ont daigné recueillir ses cendres malheureuses....

ORESTE

Ah dieux!. ..

ELECTRE

Si vous plaignez son trépas et ma mort^ Répondez-moi; comment avez- vous su son sort? Étiez-vous son ami ? dites-moi qui vous êtes, Yous surtout dont les traits. . . . Yos bouches sont muetles ; Quaùd vous m'assassinez, vous êtes attendris.

ORESTE

C'en est trop> et les dieux sont trop bien obéis.

ELECTRE

Que dites-vous?

ORESTE

Laissez ces dépouilles horribles.

ELECTRE

Tous Ips cœurs aujourd'hui seront-ils inflexibles? Non , fatal étranger , je ne rendrai jamais Ces présens douloureux que ta pitié m'a faits ; C'est Oreste, c'est lui... Vois sa sœur expirante L'embrasser en mourant de sa main défaillante.

ORESTE

Je n'y résiste plus. Dieux inhumains, tonnez. Élcclre

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