SCÈNE I
DEMIPHON, GETA.
. DEMIPHON.
C'est bien notre faute, si la méchanceté tourne à profit aux méchants ; aussi nous courons trop après la réputation de gens faciles et généreux. Fuyez, dit le proverbe, mais ne passez pas votre maison. Ce n'était donc pas assez de l'injure que ce coquin m'a faite? On lui jette encore de l'argent à la tête, afin qu'il ait de quoi vivre jusqu'à ce qu'il commette un nouveau crime.
GETA
Rien de plus clair.
DEMIPHON.
On récompense aujourd'hui ceux qui changent le bien en mal.
C'est la pure vérité.
DEMIPHON.
Comme notre sottise arrange bien ses affaires !
GETA
Pourvu qu'on puisse à ces conditions le déterminer enfin à l'épouser.
DEMIPHON.
Y aurait-il quelque doute ?
3so PHORMIO. ACT. V. SCEN. IL
GETA
Haud scio hercle , ut homo 'st , an mutet animum
DEMIPHO.
Hem! mutet autem?
GETÀ.
Nescio : verum, si forte, dico,
BEMIPHO.
Ita faciam, ut frater censuit : uxorem ejus hue adducam i Cum ista ut loquatur. Tu Geta, abi; praenuntia hanc venturam.
SCENAII.
GETA
ÀRGEifTtJM inventum 'st Phedriae : de jurgio siletur: Provisum est , ne in praesentia hàec hinc abeat : quid
nunc porro?
Quid fiet? in eodem luto haesitas : vorsuram solves 1 , Geta. Praesens quod fuerat malum, in diem adiit : plagae
crescunt Nisi prospicis. Nunc hinc domum ibo, ac Phanium edo-
cebo, Ne quid vereatur Phormionem 3 , aut ejus orationem.
LE PHORMION. ACÏ. V, SCËN. II. S21
GETA
le ûe sais, ma foi, bâti comme il est, s'il ne serait pas homme à changer d'avis.
DEMIPHOÏf.
Comment ! il en changerait ?
GETA
Je n'en suis pas sûr; mais je dis si par hasard
DEMIPHON.
Je ferai ce que mon frère m'a conseillé ; je vais amener ici sa femme, pour qu'elle parle à cette fille. Toi, Get^a, va la prévenir de son arrivée.