‹ Théâtre complet des Latins (volume 2)Chapitre 95 sur 128 · CHŒUR DATHÉNIENS ET D'ATHÉNIENNES · texte numérisé non relu

CHŒUR DATHÉNIENS ET D'ATHÉNIENNES

O szrr& Vénus (1), brillante fille de la mer orageuse, deux amours se glorifient de t'avoir pour mére, et l'un des deux est également à craindre, et par son flambeau, et par les. fléches dont il est armé. Avec quelle assurance cet enfant téméraire et tout étincelant de beauté, dirige les traits qui partent de son arc! Il fait circuler dans nos veines le feu des passions , qui nous ravage en silence. La blessure n'offre pas une large plaie; mais elle nous consumé et nous mine jusque dans les replis les plus cachés de notre âme.

Jamais ce barbare enfant n'a connu de tréve ni de repos; il fait voler ses fléches rapides sur tous les points.de l'univers. Toutes les plages qu'éclaire le soleil naissant, toutes celles de l'Hespérie; où il va finir sa carrière , celles que dévore le cancer brûlant, celles méme où l’ourse glaciale ne souffre que des peuplades malheureuses et vagabondes, toutes se ressentent de ses fatales influences. Il fait bouillonner le —

sang de la jeunesse ; il ranime les feux éteints des vieillards ;

il lance des flammes inconnues dans le sein des vierges; il … force les dieux de descendre du ciel , et d'habiter la terre sous

des formes mensongéres. Par lui, Ápollon devient pasteur 12. | | 20'

Terga leonis, humerisque, quibus Sederat alti regia coeli,

. Tenuem Tyrio stamine pallam.

Sacer est ignis ( credite laesis ), Nimiumque potens, Qua terra salo Cingitur alto, quaque aetherio Candida mundo sidera currunt ; Haec regna tenet Puer immitis :

Spicula cujus sentit in imis Caerulus:upndis grex Nereidum, Flammamque nequit relevare mari.

Ignes sentit genus aligerum *.

Venere instincti quam magna gerunt Grege pro toto bella juvenci!

Si conjugio timuere suo, Poscunt timidi proelia cervi; Et mugitu dant concepti Signa furoris. Tunc virgatas India tigres decolor horret.

Tune vulnificos acuit dentes Aper, et toto est spumeus ore.

Poeni quatiunt colla leones.

Cum movit amor tum silva gemit Murmure saevo.. |

Amat insani bellua ponti

Lucaeque boves'. Vindicat omnes Natura sibi. Nihil immune est.

Odiumque perit, cum jussit amor :

Veteres cedunt ignibus irae.

Quid plura canam? vincit saevas Cura novercas, |

HIPPOLYTE. ACT. I. SCËN. IIL 509

du monstre vaincu par Alcide ; elles ont vu un manteau de pourpre Tyrienne couvrir et déshonorer ces mêmes épaules où le ciel s'était reposé.

Le feu de l'amour (croyez-en ses déplorables victimes) , le feu de l'amour est une ardeur sacrilége, un feu destructeur, également funeste à la terre, à l'onde, au firmament; ce barbare enfant étend partout son tyranniqne empire: La troupe des Néréides dans. ses grottes profondes n'est pas à l'abri de ses traits; et la mer ne suffit pas pour éteindre les feux qu'il lance. Les habitans de l'air, malgré toute leur légèreté, ne peuvent s'en défendre. En proie.à toute la fureur que Vénus leur inspire, quels combats terribles les animaux ne selivrentils pas dans les plaines! Avec quelle rage le cerf timide ne se précipite-t-il pas sur le rival qui veut lui enlever sa biche chérie, et de quels cris affreux ne fait-il pas retentir tous les rochers d'alentour ?: Quelle. terreur les.tigres , dans leurs amours, n'inspirent-ils pas aux habitans décolorés.de l'Inde? Le sanglier que cette phrénésie emporte aiguise ses défenses, meurtrières, et présente sa tête couverte d'écume. Les lions d'Afrique agitent plus horriblement leurs crinières.

Oui, quand l'amour i imprime son mouvement. au monde, toutes les foréts retentissent des gémissemens et des murmures cruels des monstres amoureux. La baleine au fond de la mer , l'éléphant dans les déserts ; , obéissent à l'amour. Il n'est point d'étre vivant que- fà nature- ne revendique ; ; nul n'est exempt de ce tribut funéste. La haine tembe quand l'amour l'ordonne , les inimitiés les plus invétérées cédent à l'ardeur de ses feux. Que dirai-je de plus? L'amour, gant il le veut, triomphe des plus cruelles mar&átres..

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