‹ Théâtre complet (volume 2)Chapitre 63 sur 96 · INVITATION · texte numérisé non relu

INVITATION

Viens! ton fils écolier, plante qui s'étiole, A besoin d'un autre air et d'un soleil meilleur. Dérobe cet enfant aux langueurs de l'école; Aux ennuis de la serre enlève cette fleur.

Tu cherches la santé, c'est ici qu'elle habite.

Amène-moi ce fds, et, toute une saison.

Partage librement le toit d'un cénobite

Dont le cœur t'appartient autant que la maison. I. 18

31i LES l'UË.MKS DK LA MEi;.

Au bord du grand lac ]>lru, j'occupe sur la plage

Une mince cabane avec balcon de bois,

Où Ton peut vivre un temps, pourvu qu'on vive en sage

Et, pourvu qu'on se presse, habiter deux ou trois.

Si tes vœux, résignés à ce régime sobre,

N'exigent rien de plus des dieux hospitaliers,

C'est là que nous vivrons jusqu'aux fraîcheurs d'octobre,

Paresseux et contents, comme trois écoliers.

^Vrrivez ; l'air salin qu'à la plage on respire Réconforte et guérit mieux que tous les savants; Et mille fois heureux est l'enfant qu'on fait lire Au livre de la mer feuilleté par les vents !

Il voit, de l'aube au soir, sur les liquides plaines Circuler ces vaisseaux de tous les pavillons, Qui, du môle voisin, partent les voiles pleines, Et dans le sombre azur creusent leurs blancs sillons.

Où vont-ils? Autour d'eux s'étend la mer immense; Partout où le vent souffle ils ouvrent leur sentier. L'un finit son voyage et l'autre le commence, Et l'esprit devant eux rêve du monde entier.

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