‹ Théâtre complet (volume 2)Chapitre 67 sur 96 · ALCYONS · texte numérisé non relu

ALCYONS

Aies miserabiliri.

Ovide.

Venez, fuyez, rasez avec vos grandes ailes

La surface du gouffre amer, Montez et descendez, farouches hirondelles

Do la tempête et de la mf>r!

Assis sur le rivage où la vague fumante

Brise à mes pieds ses tourbillons, Longtemps je vous poursuis des yeux dans la tourmente,

Alcyons, tristes alcyons!

Vous aimez, n'est-ce pas, ces sombres étendues, Ces hurlenifnts dans les récifs.

Ces broussailles au vent qui frissonnent pendues

A la fente des rocs massifs ?

Vous aimez ce soleil qui projette au rivage

Le feu de ses derniers rayons?

Tout cela vous attire à son charme sauvage,

Alcyons, tristes alcyons 1

Me reconnaissez-vous? Je suis pourtant un frère :

Comme vous, rêveur éternel, Plus que le doux zéphyr j'aime le vent contraire,

L'orage plus que le beau ciel.

Ne m'avcz-vous pas vu tout enfant sur la rive?

Cœur altéré d'émotions, J'étais là, me berçant à votre voix plaintive,

Alcyons, tristes alcyons 1

Vos destins sont pour l'homme un étrange mystère :

Toujours suspendus sur les eaux, Vous ne vous posez pas, et vous laissez la terre

Abriter les autres oiseaux.

L'aigle a le roc sublime et le moineau la tuile,

L'alouette a les verts sillons ; Vous n'avez sous les cieux, vous, qu'une onde mobile.

Alcyons, tristes alcyons!

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