‹ Théâtre complet (volume 2)Chapitre 69 sur 96 · LE BERCEAU · texte numérisé non relu

LE BERCEAU

C'est une fête pour les yeux, L'horizon brille sans nuage; Tout est lumière dans les cieux, Tout est sourire sur la plage.

De cette vaste mer qui dort J'aime à longer If lit de sable, Berçant mes rêves sur le bord A son murmure insaisissable.

Le golfe semble un pur miroir, Où se regardent tout à l'aise.

LE BKRGEAU. 323

Penchés sur l'eau pour mieux s'y voir, Les tamaris de la falaise.

L'air est sans brise et sans fraîcheur, Et, seule, sur la mer profonde, Flotte la barque d'un pêcheur Dont le filet trahie dans l'onde.

Fais bonne pèche, ô matelot!...

De temps en temps sa barque penche,

Elle projette sur le flot

Un long reflet de voile blanche.

Assise au bord, sur le galet, Auprès d'rm enfant qui sommeille.

Sa femme répare un fdet Qui revint déchiré la veille.

Elle est habile dans cet art.

Elle promène son aiguille, Tout en jetant plus d'un regard Au premier-né de la famille.

!-2i LES POi-MKS DE LAMEK.

Il est couché, l'enfant vermeil, Dans son berceau d'algue marine; Le léger souffle du sommeil Soulève à peine sa poitrine.

Il dort, charmant comme l'Amour, Un bras replié sous sa tête.

Celui qu'agiteront un jour 1 ous les soucis de la tempête !

La tempe est moite de sueur, La peau reluit humide et rose ; Le ciel d'été met sa lueur Au front do l'ange qui repose.

Et seul tu sais qui dort le mieux, 0 Dieu très-haut, Père invisible!

De l'Océan silencieux, Ou du petit berceau paisible!

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