‹ Théâtre complet (volume 2)Chapitre 91 sur 96 · COUCHER DE SOLEIL · texte numérisé non relu

COUCHER DE SOLEIL

L'horizon s'empourprait de splendeurs violettes, L'ardent soleil d'été déclinait vers les eaux; Et quatre jeunes gens, nus comme des athlètes, Descendant à la mer, y baignaient leurs chevaux.

Au milieu de ces flots dont le sol vous cnivn', Joyeux, ils s'avançaient, le vent dans les cheveux; Leurs yeux étaient de flamme, et des lueurs de cuivre Jaillissaient de leurs bras et de leurs cous nerveux.

Et les hardis coursiers, la narine entr'ouverte. Hennissaient par instants, et les souffles marin:,

Arrosant leur crinière avec l'écume verte, Mêlaient en se jouant des algues à leurs crins.

Tableau d'un ancien monde, éclatant et sauvage! Spectacles d'autrefois, puissants et familiers! J'admirais le beau ciel, j'admirais le rivage. J'admirais ces chevaux et ces fiers cavaliers;

Et, tandxS que le dieu, sous les lointains portiques, Descendait de son char à l'occident vermeil, Je croyais, en passant, voir les tritons antiques Baigner dans l'Océan les coursiers du Soleil!

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