SCÈNE YI
CAMILLE
Pauvre Paul, la corvée a l'air de lui déplaire.
Qu'imagines-tu là? Je suis sur du contraire... Tu demandais pourquoi je souriais ? C'était Que Firmin est en bas, et que mon ûls mentait.
Tiens ! dans quel but?
Parbleu ! de peur que la corvée Par ce vieux serviteur ne lui fût enlevée ! ïu vois bien, chère enfant, qu'il se plait avec toi. Cela te fâche-t-il ?
CAMILLE
Oh ! non, certes !
Ni moi.
CAMILLE
Maïs pourquoi ce détour bizarre?
Je suppose Qu'il n'osait laisser voir... Hum ! parlons d'autre chose. — Tu dois bien avoir fait quelque réflexion Sur les difficultés de ta position?
CAMILLE
Quelles difficultés ?
N'es-tu pas orpheline ?
CAMILLE
0 mon père !
Devant ce doux mot je m'incline, Et je rends grâce à Dieu qu'il t'ait jailli du cœur. Il faut songer pourtant, malgré cette douceur. Que ma triste maison, sans mère de famille, N'est pas un lieu séant pour une jeune fille.