ACTE CINQUIÈME
Votre mariage... avec qui ?
CATHERINE
Avec vous.
ADHÉMAR
Qu'est-ce que cela signifie ?
OCTAVIE, prenant snr la cheminée le journal dont elle déchire la bande. Nous allons le savoir. (Elle ouvre le joinnal et cherche.) — C/lJ'O-
nique... Ah! voilà. (Lisant.) « Il n'est bruit dans le faubourg que d'un mariage dont le dernier baron n'est pas très-satisfait. » (Parlé.) Qu'est-ce donc que le baron a fait à ce journal? (Lisant.) « Vous savez qu'il aspirait ouvertement à la main d'une très-belle, très-noble et surtout très-riche héritière. » (Parlé.) Les masques sont transparents. (Lisant.) « Il avait pour rival un honnête gentilhomme de province dont sa fatuité ne s'inquiétait guère; il le plume la nuit dernière au lansquenet... »
ADHÉMAR
C'est bien moi !
OCTAVIE, lisant.
« Mais, le lendemain, il vérifie à ses dépens la justesse du proverbe, car l'héritière lui notifie son mariage de la façon la plus catégorique et la plus cruelle, en lui payant la dette de son rival. »
CATHERINE
Quelle perfidie !
ADHÉMAR
Si c'est une plaisanterie, je la trouve mauvaise!.. Je n'ai pas l'habitude de faire payer mes dettes par les dames. — Mais soyez tranquille, cousine, je vais démentir...
CATHERINE
Il n'y a rien à démentir.
ADHÉMAR
Comment ! vous avez payé ?..
CATHERINE
Non... Mais M. de Sainte-Agathe est venu me prier de lui avancer la somme pour vingt- quatre heures. Je lui ai donné un bon sur mon banquier...
OCTAVIE
Il l'aura rerais au baron...
PRÉVENQUIÈRE.
Qui l'aura montré au Cercle...
OCTAVIE
Où le Moustique a un correspondant... officieux,
ADHÉMAR
Nous voilà dans une jolie position.
OCTAVIE
Le fait est que cet article équivaut à une publication de bans.
CATHElilNE.
Oui, ouil..
Sui'tout après l'espèce d'agrément que tu avais donné à la recherche d'Adhémar.
CATHERINE
Oh ! le piège est bien tendu.
OCTAVIE
Vous voyez par la lettre de la duchesse que ce sera le sentiment général.
CATHERINE
Bonne duchesse I