SCÈNE PREMIERE
HORTENSE, assise près de la cheminée.
Ah ! les dîners d'hommes ! Voilà bien le dernier. Dorénavent, M. de Montlouis traitera ses amis au cabaret si bon lui semble... Je me révolte contre ce rôle de maîtresse d'hôtel... Avoir à sa table quinze messieurs qui parlent affaires... (Pourquoi parle-t-on toujours affaires à table quand il n'y a qu'une femme ?) les installer au baccarat après le café et les cigares, se retirer discrètement dans son boudoir sans pouvoir sortir, ni se coucher, ni se mettre en robe de chambre au coin de son feu, c'est odieux ! C'est à regretter la Bretagne... Ah!., j'ai passé là deux mois d'un bonheur sans nuages! (Souriant.) Mais je n'ai pas été fâchée de revenir... avec mon ami Jean. — L'aurais-je aimé si je l'avais rencontré à Paris? Peut-être que non... Peut-être avait-il besoin de ce cadre étrange et poétique. Il est un peu dépaysé au milieu de nos élégances banales ; mais je le formerai. — Viendra-t-il ce soir? Il a dit que non... Il a horreur de ma maison... mais il viendra tout de même.