‹ Théâtre complet (volume 3)Chapitre 212 sur 358 · VI · texte numérisé non relu

VI

326 JEAN DE THOMMERAY.

HORTENSE, descendant en scène.

Eh! dites-le donc! vous m'avez fait une peur!..

ROBLOT

Autrement me serais-je permis de troubler une fête à laquelle je n'étais pas invité, soit dit sans reproche?

HORTENSE

Un dîner d'hommes, suivi d'un baccarat... C'est mon mari qui a fait les invitations... Je n'y suis pour rien. D'ailleurs, vous n'y perdez pas grand'chose : tous ces gens-là sont ennuyeux comme la pluie.

ROBLOT

Hé ! hé ! la pluie d'or !

HORTENSE

Est-ce que vous jouez?

ROBLOT

Pas avec de si grosses bourses; mais vous avez un convive auquel j'ai grand intérêt à être présenté.

HORTENSE, s' asseyant près de la table.

Ismaïl-Bey ?

Non... Il n'est pas dans les affaires... M. Jonquière s junior de Bordeaux.

HORTENSE

Qu'à cela ne tienne, je vous présenterai tout à l'heure.

ROBLOT

C'est un véritable service que vous me rendrez. Si papa Jonquières veut bien m' attacher à lui, c'est-à-dire s'attacher à moi, ma fortune est faite. Il y a en moi l'étoffe d'un spéculateur de premier ordre. J'ai le flair... Jusqu'ici j'ai joué le rôle du chien de chasse qui lève le gibier et à qui on jette un os sous la table... Je voudrais passer chasseur.

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