‹ Théâtre complet (volume 3)Chapitre 219 sur 358 · ACTE DEUXIEME. 33â · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIEME. 33â

HORTENSE

Tronvez-vons plus chevaleresque de me perdre?

JEAX, assis près de la table.

Je ferai ce que vous voulez.

nORTENSE.

Ètes-vous assez primitif!., mais c'est peut-être pour cela que je vous aime.

JEA.N.

Alors pourquoi cherchez-vous à me moderniser?

UORTF.NSE.

C'est dans votre iulérèt, mon pauvre ami! Vous u'arrivercz à rien avec vos idées de l'autre monde... Il faut ressembler à ses contemporains.

JEAN

Auquel? A ce joli garçon que vous m'avez présenté ?

HORTENSE

Vous allez être jaloux de Roblot, maintenant ?

JEAN

A quoi voyez-vous que j'en sois jaloux ?

HORTENSE

Dame ! à ce que vous le trouvez joli.

JE AN, se levant.

Moi ? Je le trouve affreux.

HORTENSE

C'est encore plus grave. Quoi ! sérieusement il vous poiie ombrage ?

JEAN

Pas du tout. Qu'une jeune femme parle tout bas à un jciMie homme, quoi de plus naturel ?

336 JEAN DE THOMMERAY.

HORTENSE

Je lui ai parlé bas?

Quand il est sorti.

HORTENSE, à la cheminée.

En effet, je lui donnais un rendez-vous pour demain. Vous ne le croyez pas, vous avez tort. Léopold... car il s'appelle Léopold avec votre permission...

JEAN

Tenez, Hortense, ne vous jouez pas de moi; je ne comprends rien aux coquetteries parisiennes. Il y a évidemment un mystère entre ce jeune homme et vous : si vous m'aimez, conliez-le moi.

HORTENSE

J'ai besoin de cinquante mille francs demain matin, et ce petit Roblot, qui est un furet, s'est chargé de me les trouver; ètes-vous content?

JEAN

Cinquante mille francs ?

HORTENSE

Oui, j'ai fait des billets qu'il faut payer...

JEAN

Des billets!

HORTENSE

Vous tombez des nues. Je suis une gaspilleuse, j'ai tort, j'en conviens, mais je ne suis pas la seule. Comprenez-vous maintenant les mines soucieuses que vous me reprochiez?

JEAN

Et si ce monsieur ne trouvait pas la somme? Dire que je ne puis rien!

HORTENSE

Si VOUS pouviez quelque chose, mon cher, je ne vous aurais rien dit. — Voici mon mari, donnez-lui la main. Du courage !

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