‹ Théâtre complet (volume 3)Chapitre 254 sur 358 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

JEAN, puis BLANCHE.

JEAN, seul, ouvrant son portefeuille.

Ai-je assez d'argent sur moi?

BLANCHE, arrivant par la gauche.

Heure militaire!

JEAN, stupéfait.

Blanche!

BLANCHE

Vous ne m'attendiez pas de ce côté-là? J'ai emporté la clé tantôt en me sauvant; j'aime mieux les petites entrées que les grandes,

Ti. 22

386 JEAN DE THOMMERAY.

JEAN

Vous n'avez donc pas passé chez vous?

BLANCHE

Non, pourquoi?

Je vous ai écrit.

JEAN

BLANCHE

Ah bah! Est-ce que nous ne dînons pas ensemble?

JEAN

Vous me voyez désolé. Je suis obligé d'accompagner mon père en Bretagne, et je pars dans une demi-heure.

BLANCHE

Voilà qui est d'un bon fils ! Ce n'est pas d'un chevalier français, mais c'est d'un bon fils... Vous avez du otitenir au collège tous les prix de bon fils.

JEAN

Je ne vois pas ce qu'il y a de ridicule...

BLANCHE

Rien du tout. Adieu, bon fils ! Bonne nuit! Que le chemin de fer vous berce !.. Voici votre clé, monsieur le vicomte.

JEAN, sans prendre la clé.

Je vous jure que si ce n'était pas une affaire pressante...

BLANCHE

Il n'y a pas d'affaire plus pressante que moi. Savez-vous

qu'il m'arrive des choses bien extraordinaires? Que j'aie un

• caprice, passe encore; mais qu'on me plante là,., bonsoir!

(Fausse sortie,) A propos, j'ai oublié mou ombrelle chez vous.

JEAN

Crovez-vous ?

Page 1