‹ Théâtre complet (volume 3)Chapitre 257 sur 358 · JEAN DE TH OMMERAY · texte numérisé non relu

JEAN DE TH OMMERAY

ROBLOT

Mais... voilà une bouteille de moët frappé. — Et puis comme ce grand spectacle de l'Océan est propre à vous rasséréner l'âme et à vous ouvi'ir l'appétit ! J'en suis fâché pour votre mélancolie, mon pauvre vicomte; mais depuis une demi-beure vous n'avez fait que tordre et avaler d'un air «.riste. Décidément nous avons bien fait de venir à Trouville.

JEAN

C'est en Bretagne que je devrais être.

ROBLOT

Je croyais la question vidée! Votre rupture avec votre famille vous est très-douloureuse, je le comprends...

JEAN

Plus que je ne puis dire.

ROBLOT

Mais, en somme, ce n'est pas votre faute! Ils ont été d'une dureté pour vous!..

JEAN

Oui. Mon père est sans indulgence; mais il en a le droit, étant sans reproches.

ROBLOT

Le temps raccommode bien des choses. Enfin ce qui est fait est fait. Ne pensez plus à vos vaisseaux, ils sont brûlés.

JEAN

Vous avez raison. Étourdissons-nous, (ii uù tend son verre.) Le remords est une fatigue inutile comme l'inquiétude. Le sage est fataliste. Allons à la dérive et buvons au destin. (Après ftvoir bu.) Du moët, ça ? c'cst de l'eau de Selt^.

ROBLOT

Vous êtes trop délicat.

Page 1