‹ Théâtre complet (volume 3)Chapitre 27 sur 358 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

FORESTIER, bas.

Pauvre Léai

LEA, de même.

Je suis atout bien résignée...

J'ai demandé l'épreuve : elle m'a condamnée, C'est bien.

CAMILLE

N'aviez-vous pas hâte de voir un peu Votre nièce?

LÉA

Oui vraiment, ma nièce... et mon neveu.

A Paul.

Car nous voilà parents de par votre compagne, Monsieur Paul... à la mode, il est vrai, de Bretagne, Mais n'importe : si peu que l'on soit allié, L'alliance est un clou qui fixe l'amitié; Ainsi que la noblesse elle a certain prestige; On dirait volontiers d'elle aussi qu'elle oblige.

PAUL

Je vous entends, madame, et j'accepte avec vous Une obligation qui ferait des jaloux.

Mon amitié, d'ailleurs, sur l'estime fondée, N'avait aucun besoin d'être consolidée.

LEA, détoiirnaut les yeux et apercevant le portrait.

C'est ton portrait, Camille?

CAMILLE

Oui...

LÉA

Charmant.

CAMILLE

Il VOUS plait?

Je triomphe !

LÉA

Comment?

CAMILLE

Monsieur le trouve laid!

A côté du modèle, oui sans doute, ma chère.

CAMILLE

Moqueur !

A Léa.

N'a-t-il pas fait le vôtre aussi?

LÉA

Naguère.

PAUL

C'était, s'il m'en souvient, un bien pauvre début. A l'inexpérience il faut payer tribut. — J'étais jeune, et souvent jeunesse se fourvoie... J'ai fini, grâce au ciel, par rencontrer ma voie.

LE DOMESTIQUE, entrant.

Quelqu'un à qui monsieur a donné rendez-vous Est chez monsieur.

C'est lui, madame; venez-vous?

LEA, à part.

Il était temps!

Hant.

Allons!... Adieu, chère petite.

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