‹ Théâtre complet (volume 3)Chapitre 290 sur 358 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

Caverlet était le seul homme digne de vous, comme vous étiez !a seule femme digne de lui.

HEXRIETTE, allant s'asseoir sur le banc.

Vous êtes un flagorneur, mon vieil ami.

BARGE

Non, sur ma parole! Je n'ai jamais vu deux êtres mieux faits l'un pour l'autre. Vous êtes le couple modèle, votre maison me représente le temple de la famille, et je n'y entre pas sans une espèce de vénération. Il semble que le ciel vous ait réunis pour la justification du mariage.

Est-ce qu'il a besoin d'être justifié?

BARGE

Quelquefois! quelquefois! — Moi qui vous parle, je l'ai longtemps maudit : Madame Barge me rendait médiocrement heureux... non pas qu'elle fût méchante, la pauvre femme, mais elle était vive, elle avait la main leste...

HENRIETTE, 8*iiriaiit.

La main leste ?

BARGE

Elle me battait, quoi ! — Ce n'est pas qu'elle me fît grand mal; mais cela me déplaisait beaucoup, d'autant qu'il en transpirait toujours quelque chose chez les voisins, car elle ne savait pas me battre en silence.

FAXNT.

Et vous vous laissiez faire?

Que veux-tu? J'ai le malheur, avec mon petit air, d'être une espèce d'Hercule. Je casse tout ce que je touche. Un jour que j'étais de mauvaise humeur, j'ai voulu me défendre, et je lui ai luxé les poignets. Depuis lors, je n'ai plus fait

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de résistance. J'avoue cependant que je songeais sérieusement au divorce, quand j'ai eu le chagrin de la perdre, — Pauvre femme! elle avait bien des qualités! Je l'ai pleurée. — Sir Edward Merson ne vous battait pas, je suppose?

HENRIETTE

Quelle question ! Sir Edward est un parfait gentleman.

HENRI

Il nous faudrait savoir où il est pour cette aulorisation. N'as-tu pas conservé quelques l'elations avec sa famille?

HENRIETTE

Oui... j'écrirai... (a Fanny.J Et ton piano, Fanny? l'heure se passe. C'est ridicule, va! va!

FANNY

Oui, maman, (a part.) Qu'a-t-elle donc?

Elle rentre dans la maison.

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