ACTE DEUX TÈ.ME
père qn'i! ait rempli! Dis-m'en un seul auquel j'aie failli ! Est-ce lui qui t'a éVvé, qui a été ton précepteur, ton guide'^-- e^^ et ton ami? Cette passion même de l'honneur qui te torture i ^ ^^ aujourd'hui, mais qui est la première dignité tie l'homme, j /''ÏL et dont tu ne voudrais pas guérir, quoique tu en soufires,"^ ^ qui te l'a mise au cœur? lui ou moi? ^ / %^
HENRI. <•, '
Vous n'aviez pas prévu qu'elle se retournerait un jour ^ contre vous! /)^.
CAVERLET.
Ah! j'avais espéré que ce jour-là tu m'aimerais assez pour pardonner à une autre de m'aimer aussi; j'avais espéré que ce jour-là, je me serais légitimé à force de dévouement! Je me suis trompé... Il me reste encore un sacrifice à te faire, le dernier, hélas ! Toute ma vie est concentrée entre vous trois, je n'aime que vous, j'ai renoncé à tout le reste : mais puisque ma présence ici blesse tes sentiments les plus intimes... je m'en vais.
HENRI, sur le caoapé, accablé.
Non! c'est à moi de partir! Vous avez raison : j'ai plus de devoirs envers vous qu'envers moi-même. Je ne peux pas payer vos bienfaits en acceptant le sacrifice de toute votre existence... restez ! (se leyaot.) Mais non.., c'est impossible! il y a ma sœur. — 0 Dieu, où est le droit, où est le devoir, où est la vérité? " "
CAVERLET.
Ton premier devoir, c'est d'épargner le plus longtemps possible à ta mère la douleur de rougir devant toi.
HENRI
J'y ai d^jà songé. M. Merson m'a juré de ne pas lui dire qu'il m'a vu.
CAVERLET.
Il va donc revenir ?
4S^ MADAME CAVERLET.
HENRI
Dans une heure.
Que lui veut-il ?
CAVBRLET.
Il vient, à ma prière, lui oiïrir de reprcn(3re sa place à son foyer.
CAVERLET,
A ta prière! — Eh bien, soit! qu'il vienne! Tu demandais où est la vérité? Nous allons le savoir : ta mère la trouvera dans son cœur. L'acceptes-tu pour arbitre de notre destinée à tous?
Oh! aveuglément.
CAVERLET.
Et moi, je jure de ne pas influencer sa décision, et de m'y soumettre, quelle qu'elle soit. Mais laissons-la à sa propre inspiration; notre trouble pourrait la mettre en garde avant l'arrivée de M. Merson. Sortons... sortons chacun de notre côté.
HENRI
Monsieur Caverlet, j'ai été dur et ingrat envers vous. Je vous en demande pardon. '
CAVERLET.
Tu souffres tant, mon pauvre enfant! (Lni ouvrant :ds bras.) Moi aussi, va !
Henri se jette sur sa poitrine en pleurant. — La toile tombe.