ACTE TROISIEME
REYNOLD
Je ne me distrairai pas.
BARGE
Et moi, je veux que tu t'amuses. Qui est-ce qui m'a bâti un ostrogoth pareil !
REYNOLD. / ' t ù
Parbleu! c'est toi... qui m'as toujours prêché, d'après j}t^^Uuin Jean- Jacques, que le jeune homme chaste jusqu'à vingt ans.., jr g
BARGE
Tu m'ennuies! D'abord, tuas plus de vingt ans... et puis c'est ridicule à un dadais de ton âge...
REYNOLD, se levant.
Ah! c'est comme ça? Tu regrettes d'avoir un fils vertueux?
BARGE
Mon Dieu... je le regrette d'une façon, et pas de l'autre.
REYNOLD
Non! non! Jeté connais bien; tu veux que je devienne un garnement, un coureur de tripots, un pilier de coulisses.
BARGE
Mais, Reynold, je n'ai rien proféré de pareil.
REYNOLD
A bon entendeur, salut! Ah! tu veux que j'aie des maîtresses? J'en aurai.
Des maîtresses... juste ciel!., une tout au plus... une petite... et encore !
REYNOLD
Allons doncl Je ne fais pas les choses à demi... Une VI. 28
494 MADAME CAVERLET.
grande! Tu veux un viveur? tu l'auras ! Tes vingt mille francs ne feront pas long feu... tu peux préparer du renfort.
BARGi.
Mais je t'en conjure...
REYNOLD, arpentant la scène.
Ah! il te plaît que j'use ma santé et ta bourse? à tes souhaits. Je n'irai pas de main morte.
BARGE
Tu es terrible! Écoute-moi...
REYNOLD
Non, non! C'est convenu ! et quand tu voudras me marier, tu verras ton petit Daniel, quel joli avorton!
BARGE
Ah! c'est comme ça? Eh bien, je me remarierai moimême...
REYNOLD
Si tu trouves femme.
BARGE
Si je trouve? Mais je n'aurais qu'un mot à dire! Il y a une mère qui me jette sa fille à la tête.
REYNOLD
Madame Saturnin, peut-être?
BARGE
Oui, madame Saturnin.
REYNOLD
Tu épouserais mademoiselle Ursule, toi? Une fille dont la mère a tant fait parler d'elle?
Qu'est-ce que came fait!