‹ Théâtre complet (volume 3)Chapitre 38 sur 358 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

LEA, affaissée, les bras pendants, sur un canapé à droite; MARTIN, vieux domestique à cheveux blancs, rallumant le feu dans la cheminée à gauche.

MARTIN, tout en soufflant le feu.

Ça n'a pas de bon sens d'avoir l'âme à l'envers Par regret d'un mari comme monsieur de Clers! Un ivrogne, un brutal, un libertin damnable! Sa mort est son premier procédé convenable. Que vous portiez le deuil de cet être grossier, Passe encore, si c'est pour le remercier; Je vous attendais bien, toute de noir vêtue. Madame, mais non pas transformée en statue. Depuis bier, pareille à la femme de Loth, Immobile, l'œil fixe et ne soufilant pas mot, Vous vivez, sauf respect, comme une somnambule; Vous m'avez défendu de monter la pendule; La nuit peut bien venir à l'heure qu'il lui plaît.

Vous restez sans lumière; et, si l'on n'y veillait, Vous resteriez sans feu dans le mois de décembre.

Coup de sonnette au dehors.

LE A, tressaillant.

Ne sonne-t-on pas?

MARTIN

Oui.

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