‹ Théâtre complet (volume 3)Chapitre 45 sur 358 · ACTE TROISIEME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIEME

LGA.

Sortez doiicl Votre présence est seule un outrage !

Pardon, Mais je venais vous faire une offre...

LÉA

Que m'importe!

Sortez!... j'ai bien le droit do vous fermer ma porte!

Adolphe entr'ouvre la porte pour sorlir ; Léa redescend en scène. ADOLPHE, sur la porte, timidement.

Je venais demander voti'e main.

LÉA

Ma main? Vous!

ADOLPHE, descendant peu à peu en scène.

Oui, mon plus cher désir est d'être votre époux. Si je me borne là croyez-le bien, c'est faute D'une marque d'amour et de respect plus haute. — Des larmes?

LEA

Laissez-les couler... Je me détends!

J'ai tant souffert, monsieur, et depuis si longtemps! Les choses et les gens, tout me blesse ou me froisse. Tout frappe de concert sur ma secrète angoisse, Et j'avais grand besoin qu'il me tombât du ciel Une trêve d'une heure à cet état cruel. Et qu'un peu de respect, un peu de sympathie Me vint, dans ma détresse, ainsi qu'une amnistie. Ah! si je l'attendais de quelqu'un ici-bas, Ce n'était pas de vous.

Vous appartiens-je pas?

En vous offrant mon nom, madame, avec ma vie...

LÉA

Je ne puis accepter, mais je vous remercie.

ADOLPHE

Hein? vous refusez?

LÉA

Oui.

ADOLPHE

Je reste confondu, Et je... Voyons, voyons, pas de malentendu : Vous m'aimez... vous m^aimez, madame, et je vous jure Que jamais d'en douter je ne vous ûs l'injure; Vous ne pouvez non plus douter de mon amour Dont je vous donne un gage éclatant à mon tour ; Et, quand vous dépendez de vous-même et non d'autre, Vous faites d'un seul mot mon malheur... et le vôtre!

LÉA

Ne m'interrogez pas.

ADOLPHE, siippliaut.

Il semble que pourtant Ma curiosité n'a rien d'exorbitant, Et que la question est assez capitale... Que dis-je, capitale? elle est assez vitale... Vitale, je dis bien, le mot n'est pas trop fort, Il ne s'agit pas moins que d'un arrêt...

LÉA

De mon»

Ma foi!... N'en parlons pas, madame, à l'étourdie.

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