SCÈNE VI
» Les Mêmes, CAMILLE.
K' forestier, à Camille.
^ Te voilà!...
Défends-toi, mon enfant, il fuit avec Léa!
PAUL
Ah! vous n'avez pas plus pitié de moi que d'elle.
forestier.
Oui, c'est moi le bourreau, le traître, l'infidèle!
CAMILLE
C'est donc vrai?...
Paul baisse la tête. Camille tombe dans nn fauteuil en sançlotant, Forestier s'approche d'elle et lui prend la main,
Pauvre enfant!
CAMILLE, au milieu de ses sanglots.
Il me quitte! pourquoi?
Qu'est-ce donc que j'ai fait? Je ne comprends pas, moi...
Tu l'aimais bien?
CAMILLE
Oh! oui, je n'ai pas dans mon être Une goutte de sang dont il ne fût le maître... Je me croyais aimée aussi, mais je vois bien Que c^était mon amour que j'ai pris pour le sien! ... Que vais-je devenir, maintenant?
— Pauvre femme!
Il me laisse mon corps, il emporte mon âmel — Vous me ramènerez, mon père, à mon couvent, Où ma chambre a gardé mes beaux rêves d'enfant... Que j'y vais rentrer vide et lasse de la vie, Et de quel prompt retour ma sortie est suivie !
Tu n'y rentreras pas, tu resteras ici!
Qui me consolera si tu t'en vas aussi?
CAMILLE, se levant et l'eutouraut de ses bras.
Ma douleur oubliait la vôtre, pauvre père! Non, je ne suis pas quitte encor avec la terre! Vous perdez votre fils, comme moi mon époux; Mais j'hérite de lui ses devoirs envers vous, Et, les joignant aux miens, d^ine double tendresse Je saurai réchauffer votre chère vieillesse.
FORESTIER, à Paul.
Eh bien, que tardez-vous? Partez, monsieur, partez, Elle me fermera les yeux.
PAUL, di'posaot son chapeau et son manteau sur un mouble..
Vous l'emportez.
FORESTIER, bas, à Camille.
Il reste !