‹ Théâtre complet (volume 3)Chapitre 91 sur 358 · SCÈNE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIERE

MARIETTE, SIMON, époussetant les meuble». SIMON, désignant le portrait.

Dites donc, mademoiselle Mariette, quel est ce paroissien en robe rouge?

MARIETTE, assise snr le canapé à droite, les bras croisés.

C'est un des ancêtres de mademoiselle, le cliancelier de Birague, en son vivant garde des sceaux du roi Charles IX, il y a plus de cent ans. Vous voyez, monsieur Simon, que ^ous n'êtes pas entré cliez des gens d'hier.

SIMON

Ça me change, — Et cet autre particulier dans sa coquille de fer?..

MARIETTE

Ça n'est personne. C'est une armure des anciens temps que nous appelons monsieur, parce que mademoiselle dit quelquefois en plaisantant qu'il n'y aura jamais d'autre maître dans la maison.

SIMON

Et pourquoi ne veut-elle pas se marier? Ce ne sont pas les épouseurs qui doivent lui manquer?

MARIETTE, se levant.

Je vous en réponds ! Mais elle serait bien bonne enfant de donner un maître à ses écus; car un mari, ce n'est que cela.

SIMON

Il y a des fois... Mais, ordinairement, les demoiselles croient que c'est autre cbose.

MARIETTE

Oui, mais il faut vous dire que mademoiselle n'a pas toujours été riche comme elle est. Je l'ai connue avec six mille livres de rente pour toute fortune. Elle avait alors une simple chambre dans l'appartement du comte de Prévenquière, son tuteur, et personne ne songeait à l'épouser, quand tout à coup, l'an dernier, il lui arriva un héritage de neuf millions.

SIMON

Excusez du peu! Ce n'est pas à moi qu'une pareille cheminée tomberait sur la tête !

MARIETTE

Vous n'avez pas une tête à ça, mon cher; et puis votre arrière-grand-oncle n'aura probablement pas songé à émigrer dans les Indes orientales.

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