‹ Théâtre completChapitre 154 sur 287 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

Non. — Sans doute je voudrais Te voir prendre une part à tous mes intérêts, T'inquiéter un peu comment vont mes affaires Et si, pour ton bonheur, mes efforts sont prospères; Mais ce n'est pas ta faute, et le mal n'est pas grand, En somme, que cela te soit indillérent.

Mais avouez qu'aussi vous ne m'en parlez guères.

JULIEN

Que veux-tu? je t'ai vue à ces détails vulgaires Bâiller de si bon cœur, que j'ai fait le serment De ne t'induire plus en pareil bâillement.

J'ai toujours eu l'esprit si rempli de paresse! Mais j'avais tort. Il tant que cela m'intéresse, Puisque le seul travail que nos faibles cerveaux Puissent faire ici-bas, est d'aimer vos travaux, Et que nous ne comptons dans notre vie oisive Pour tout événement que ce qui vous arrive. Entretenez-moi donc de tous vos intérêts, Et, si je bâille un peu, j'écoute à cela près.

Elle se rassied.

JULIEN

Je la saisis au vol cette bonne pensée! Elle va sur-le-champ être récompensée.

Il s'assied près d'elle.

Sache que nous marchons, que nous roulons plutôt Sur le rude chemin de fortune au grand Irot : J'ai quinze mille francs chez Lassusse; dix mille Chez Blanche, hypothéqués sur sa maison de viUe;

282 GARRIELLE.

Ma réputation prend un rapide essor; Un ministre — et celui de la justice encor! — Sur le seul bruit que fait ma petite éloquence, D'un gros procès qu'il a m'a donné la défense; Et cela met un homme en posture au Palais, Tu comprends ?

Oui, très bien.

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