‹ Théâtre completChapitre 162 sur 287 · T A JI P 0 N E T · texte numérisé non relu

T A JI P 0 N E T

Par malheur ! il vaudrait Quatre ou cinq mille francs, ce qui m'arrangerait.

JULIEN

Moins fortuné que vous, moi, pour toute peinture, Je n'ai qu'un Meissonier, niais avec signature.

TAMPON ET

On admire beaucoup ce peintre; quant à moi. Je ne fais pas grand cas de ses tableaux.

JULIEN

Pourquoi?

TAM PO NET

C'est à peine de quoi porter un bout de cadre ; Et franchement, encor qu'on ne soit pas un ladre, Il est dur de payer très cher, comme excellents. De tout petits tableaux qui ne sont pas meublants.

ADRIENNE, bas h Gabriellc.

Détourne le propos.

Pour parler d'autre chose, Mon oncle, comment va mademoiselle Rose ?

TAMPON ET

Ma pupille? son mal est à peu près guéri ; Mais, pour finir la cure, il lui i'aut un mari.

JULIEN

Doux mal dont le remède à trouver est facile, Quand on apporte en dot ce qu'a votre pupille.

TA M PO NE T

Oui, trois cent mille francs sont un joli denier A trouver sous les fleurs dans le iond du panier; Mais l'argent ne fait pas le bonheur.

JULIEN

Il y aide.

ADRIENNE

Surtout s'il ne vient pas avec femme trop laide.

Vous restez à coucher, j'espère ?

TAMPON ET

Assurément.

Je n'ai jamais compris la campagne autrement. Quand sur terre le soir descend tranquille et triste, La nature assoupie appartient à l'artiste.

JULIEN

0 poète !... Venez faire un lour de jardin.

ACTI-: l'KEMlER. "293

TAMPON" ET

Volontiers; j'ai besoin de m'aii^uiser la faim.

Julien et Taraponet sortent.

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