‹ Théâtre completChapitre 168 sur 287 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

Qui garde ses enfiints, sa fortune et son nom; C'est le seul dont Taniour soit certain, car il t'aime Peut-être encore moins pour toi (jue pour lui-même, Et, selon ce beau mot que l'on a décrié, C'est le seul qui te puisse appeler sa moitié. Va, crois-moi, n'en fais pas la triste expérience.

GABIl lELLE.

Mais d'où te vient à toi cette amère science?

A D R I E N N E, après une pause.

D'une amie à laquelle il en a coûté cher. Elle m'a raconté tout ce qu'elle a souffert ; Le mensonge assidu qu'un regard déconcerte, L'angoisse du bonheur, la faute découverte, La douleur d'un époux par l'outrage ennobli, Un mépris accablant, un pardon sans oubli, Et l'éternel soupçon au nom de l'ancien crime... Avant d'aller plus loin regarde cet abîme ! Quand je t'y vois ainsi pencher, mon cœur se fend... Crois-moi, n'abdique pias tes droits sur ton enfant !

Grâce au ciel, je suis loin encorde cette chute.

ADRIENNE

Ne t'aventure pas cependant à la lutte.

Je ne la cherche pas, ni Stéphane non phis; A nous fuir tous les deux nous sommes résolus. Aujourd'hui, par exemple, il pouvait à merveille Contre mon froid accueil faire la sourde oreille, Et tu vois cependant qu'au lieu d'en protiter. Il m'a lui-même aidée à ne pas l'inviter.

ADRIENNE

Oui, mais n'y cherche pas tant de délicatesse.

Page 1