SCÈNE PREMIÈRE JULIEN, TAMPONET
TAMPON ET
Une femme pour qui j'ai tout fait ! c'est infâme !
JULIEN
Vous êtes archifou, mon cher oncle.
TAMPONET.
Une femme Pour qui, depuis vingt ans, je suis aux petits soins î Voilà ma récompense.
JULIEN
Encore un coup...
TAMPONET.
Du moins Si j'étais un mari négligent, infidèle,
Ou cassé... Mnis je suis pétulant auprès d'elle Comme au premier quartier de la lune de miel, Ma parole d'honneur ! — Que lui faut-il, ô ciel !
JULIEN
Permettez-moi...
Tromper un époux exemplaire Et qui se jetterait dans le feu pour lui plaire ! Un mot vous apprendra jusqu'où vont mes égards : Je fais depuis quinze ans semblant d'aimer les arts.
JULIEN
Vous ne les aimez pas?
TAMPON ET
Qui ? moi ? je les déteste !
Ils me sont en horreur à l'égal de la peste ! La musique surtout me donne sur les nerfs ; La peinture m'assomme et j'exècre les vers... Eh bien, pour m'ajuster aux goûts de mon ingrate, •Je feins de me pâmer pendant une sonate; J'achète des tableaux avec mon pauvre argent; Je les fais encadrer; et, tout en enrageant, J'apprends par cœur, malgré ma mauvaise mémoire, Un tas de vers, sans rien comprendre à ce grimoire. Après avoir tant fait, n'est-ce pas du guignon D'être... ce que je suis?
JULIEN
Mais non ! mille fois non !
Vous ne l'êtes pas!
TA M PO NET, iiirons6.
Quoi ! quand j'en conviens moi-mènn