ACTE CINQUIÈME
A leurs vrais intérêts et non à leurs caprices. Donnez mon zèle au diable autant qu'il vous plaira, Traitez-le d'indiscret, d'absurde et caetera, Je ne m'émeus pas plus de votre rebuffade Qu'un bon cbirurgien des cris de son malade.
STÉPHANE
Je suis reconnaissant à ce zèle parfait, Mais je ne puis, Monsieur, en accepter l'effet Tant que mon père...
JULIEN
Encor cette plaisanterie?
Soyez donc une fois sérieux, je vous prie, Et faites-moi l'honneur de ne pas me traiter En précepteur bourru que l'on craint d'irriter.
STÉPHANE
Mais si j'ai des raisons... impossibles à dire?
JULIEN
Dès qu'il en est ainsi, pardon, je me retire...
Il va poser ses papiors sur la table.
Non pourtant sans trouver assez blessant pour moi Que, dans mon amitié, vous ayez si peu foi.
Si mon secret était à moi seul, je vous jure...
JULIEN
Oh ! oh ! voilà qui sent l'amoureuse aventure. — Je m'en doutais.
STÉPHANE
Alors, pourquoi m'interroger?
JULIEN
Contre vous-même, ingrat, je veux vous protéger.
STÉPHANE
Épargnez-vous, Monsieur, des remontrances vaines : L'amour qui me dévore a coulé dans mes veines.
JULIEN
Bien ! je ne prétends pas l'en tirer; mais en quoi Ce grand amour est-il contraire à votre emploi? Tout votre temps est donc pris par votre maîtresse?
STÉPHANE
Elle est pure. Monsieur : je n'ai que sa tendresse.
JULIEN
D'où vient donc?...
STÉPHANE, avec embarras.
Elle veut que je parte, et je pars.
Bah ! ces voyages-là sont sujets aux retards.
STÉPHANE
Je pars demain.
JULIEN
D'honneur?
STÉPHANE
D'honneur.
GABRIELLE, à part.
Quelle torture !
JULIEN
Yous êtes, cher Stéphane, une nohle nature,