ACTE PREMIER
Et, si ce beau portrait par vous n'est pas flatté, Je lui veux faire un don...
CLÉON
Lequel?
CLIN I AS
La liberté!
CLÉ ON
L'affranchir? — ô Plulus! voyez comme il gaspille! Une fille si chère!
PARIS
Une si belle fille!
CLÉON
C'est un talent de moins dans ta succession.
PARIS
Il veut faire en sa vie une belle action.
CLINIAS
Moi? — Celle qui vous a tous deux séduits doit être
Une femme pour tous dangereuse à connaître.
,1e la veux affranchir pour que sur mes neveux
Elle exerce à son gré le charme de ses yeux;
Que loin de leur foyer domestique elle entraîne
Tous les lils de famille à sa voix de sirène,
Et pousse incessamment mes chers concitoyens
A perdre leur santé, leur repos et leurs biens...
Je l'affranchis, enfin, parce qu'elle est funeste.
Et que, si je pouvais, j'allranchirais la peste.
A l'œuvre donc! — Cherchons l'esclave, et, de ce pas,
La courons affranchir devant les magistrats.
Venez !
Ai) LA GIGUE.
CLÉOX.
Tu peux sans nous gaspiller ta fortune ; Quant à moi, je ne sors jamais qu'au clair de lune.
CLINIAS
Ah!
PARIS
S'il n'est pas midi, certe il n'en est pas loin, Et le soleil et moi ne nous fréquentons point.
CLINIAS
Vous craignez de gâter votre teint, j'imagine! Pour moi, qui ne veux pas séduire Proserpine, Je m'en vais bravement m'exposer au grand jour. Adieu ! fraternisez jusques à mon retour.
Il sort.