‹ Théâtre completChapitre 253 sur 287 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

PYTIIÉAS, à part.

Bon ! l'affaire s'eiiiiai^e ! Ecoutons, restons coi !

SAI'IIO, -1 Phaon.

Quelle est celle femme hardie?

GLYCÈRE

Cette femme!.. Ce n'est qu'une femme sans noir Oue les Grecs n'ont pas applaudie, Qu'on prend et que l'on congédie, Sans même en dire la raison ;

Mais si peu qu'elle soit, elle est fière, Phaon!

Et ne supporte pas que son amant lui donne

Une rivale, fut-ce Aphrodite en personne.

PHAON, à Glycère.

Vous écoutez beaucoup l'orgueil de vos appas.

GLYCÈRE, à Phaon.

Oui, je l'écoute; et pourquoi pas?

Penses-tu que je sois confuse

De lutter avec une muse ?

Je crois que, s'il s'agit d'amour,

La beauté des filles d'Asie

Est la première poésie...

Et ce fut ton avis un jour !...

ENSEMBLE

PHAON

Quand de choisir elle me presse, Faut-il que, par un jeu moqueur, Le sort, balançant ma tendresse Ici fasse hésiter mon cœur!

460 SAPHO

PYTHÉAS

On se dispute sa tendresse, Est-il heureux, ce beau vainqueur !

Et moi je frise la vieillesse, Sans avoir pu placer mon cœur !

SAPHO

Il avait donc une maîtresse, Et je dois disputer son cœur !

Qu'importe? j'aurai sa tendresse Avec la palme du vainqueur.

GLYCÈRE

Il n'ose nommer sa maîtresse; Mais par le souvenir vainqueur De ses feux et de notre ivresse, Je saurai retenir son cœur !

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