DEUX HÉRAUTS
0 poètes, chantez, car les dieux sont propices !
LE HERAUT, sur les degrés du temple.
Alcée ! Alcée ! Alcée !
ALCEEj s'avançant au milieu de la scène, chante
0 liberté, déesse austère, On a brisé ton fier autel ; Mais de tes pas la vieille terre Garde un souvenir immortel.
462 SAPHO
Il vient une heure où chaque fibro Se révolte aux cœurs généreux, Et crie à l'iiomme qu'il est libre El n a pour maîtres que les dieux
Que le bras se lève
Pour les maux soufTerts;
A défaut de glaive,
Brandissons nos fers.
L'humanité qui dégénère N'est-elle plus fille des dieux?
Son œil baissé vers la poussière K'ose-t-il regarder les cieux?
Ressaisis donc ton héritage, ISoble race, avec ta fierté; Si tu naquis dans l'esclavage, Lègue à tes fils la liberté !
Que le bras se lève
Pour les maux soufferts;
A d('faut de glaive,
Brandissons nos fers.
LE PEUPLE
Meure la tyrannie !
Malheur à qui s'endort Dans cette ignominie !
Plutôt hMnort!
ALCÉE
Les entends-tu, Pliaon, ces cris d'heureux présage?
PHAON
La Grèce t'a compris! Elle nous encourage.
LE HÉRAUT, sur les degrés de l'aulcl.
Sapho ! Sapho ! Saplio !