XIX NOTICE SUR G RÉ VIN
En frontispice, un portrait gravé de Fauteur : la. Grevin ann. aet. XXIII. Un encadrement d'un joli style porte la date 1561 et la devise : "Hô'ouôèv ri8"'OvXujj.7:oç. Ce portrait (nous y reviendrons) est de François Clouet.
Grévin est représenté dans le costume de sa nouvelle profession : la soutane noire boutonnée, le long manteau, le col rabattu, les gants qu'il tient ostensiblement 1. Les traits du visage sont réguliers, l'expression ouverte et avenante. En tête de VOlimpe, Ronsard lui avait dit :
A Phébus, mon Grévin, tu es du tout semblable De face et de cheveux...
En tête du Théâtre, il revient sur ce signalement dans un important Discours à Jacqties Grévin : Toy, mon Grévin, encor Qui dores ton menton d'im petit crespe d'or.
Ainsi, il était blond, sinon même ce qu'on appelle obligeamment blond ardent. Il était grand, de manières vives et affables. Un de ses amis de Clermont, poète obscur, Simon-Guillaume de La Roque, nous a laissé de lui un véritable croquis. Plusieurs années après la mort de Grévin, il raconte que celui-ci lui est apparu en rêve :
J'apperceus à grand pas venir de mon costé
Un grand homme vestu d'une robe à l'antique
Qui s'approchant de moy d'ime grâce honorable,
Puis avec les accents d'un parler agréable.
Me dit : Amy La Roque, à toy je suis venu
D^ champs Élisiens où j'estois retenu;
Je m'appelle Grévin.."-
1. D' Ch. Wickersheimer, La Médecine et les Médecins en France à l'époque de la Renaissance, Paris, 1905, p. 7.
2. Les Œuvres du sieur de La Roque fde son vrai nom Simon d'HappresJ de Clair' mont en Beauvoisis..., Paris, 1609.