NOTICE SUR GRÉVIN XXX
dans tous les milieux de la capitale tandis qu'un jeune médecin y achevait ses études.
Pour le moment, les deux partis remettaient l'épée au fourreau. On allait donc respirer de tant de tueries et de tant d'horreurs. Mais ]a paix d'Amboise ne désarmait pas les poètes, et la guerre fratricide de ceux-ci va succéder à celle de Guise et de Condé.
Parmi tous les pamphlets en vers qui vinrent assaillir Ronsard après qu'il eût donné son Discours des Misères de ce temps et hi Continuation du Discours des Misères de ce temps (pamphlets qui formeraient une bibliothèque), il en est un qui porte ce titre : Seconde i Response de F. de la Baronic à messire Pierre de Ronsard, Prestre-gentilhomme Vandômois, Évesque futur. Plus le Temple de Ronsard Oit, la légende de sa vie est briefvement descrite. Le nom de la Baronie déguisait à peine Florent Chrestien (nom d'une terre qu'il possédait) ; pour le Temple, aucun doute : l'auteur était Grévin. Auteur, déclare M. Laumonier, « du tout ou d'une partie w^. Pourquoi d'une partie seulement? C'était déjà l'opinion de critiques précédents (Read, Lenient). Elle vient de Claude Binet : « Jacques Grévin, médecin, bel esprit certes et l'honneur de nostre païs beauvaisin... a ayd'e à bastir le Temple de calomnie contre Ronsard»^. Mais le picard Binet, partagé entre son culte pour la mémoire de Ronsard et l'indulgence qu'il voudrait garder à son brillant compatriote, avait tendance à atténuer la culpabilité de celui-ci. Je ne crois pas qu'il faille supposer une collaboration. Tout, dans le TempU, rappelle le style et la manière de Grévin. Pour le fond.
1. n y avait eu une première Réponse, qui est perdue. F. Charbonnier, op. cit„ pp. 95-96 et 483.