‹ Théâtre complet et poésies choises. Avec notice et notesChapitre 56 sur 117 · SCÈNE IV* — MARIE seuk · texte numérisé non relu

SCÈNE IV* — MARIE seuk

L'homme de ce Protenotaire

N'est pas des plus niez du monde t

Quand il est céans, il me sonde,

Et semble bien à l'ouyr dire

Qu il ait intention de rire

Tout ainsi comme faict son maistre t

Et croy que s'il se sentoit estre

Si peu que rien favorisé,

Il seroit bien assez rusé

D'essayer s'il pourroit bien fairtj

Ce que faict le Protenotaire.

Je n'useray plus de rudesse

En son endroict, car ma maistresse

Dict qu'il ne fault point refuser

Ce qui ne se peult onc user.

JACQUES G KEVIN 80

Aussi est-ce une grand' folie Que d'engendrer mélancholie. Nous n'aurons pas toujours le temps Pour rendre nos désirs contans.

Il fault donc prendre le loisir, Puisque nous voyons le plaisir S'offrir d'une gaité de cueur.

Et pourquoy non? le serviteur N'aura-t-il aussi grand'puissance De me donner la jouissance, Et rendre l'appétit content De ce point que l'on prise tant, Comme Monsieur à sa Constante?

Je croy que le mal qui tourmente L'esprit et mon repos de nuict Se guérist par mesme déduict :

Autant peut le lay ^ ' que le prestre, Et le serviteur que le maistre, Le pauvre, comme un de grand'race.

Mais je ne voy point Boniface Venir ainsi qu il a promis.

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