SCÈNE IV. — CONSTANTE, MARIE
Constante
Viens çà, meschante, quand sera-ce Que feras ce qu'il appartient?
Dy.
Marie
Ce n'est pas à moy qu'il tient.
LA TRÉSORIEKE
Constante Que jaze-tu en ceste place?
Marie
Que voulez-vous si Boniface Ne se veult d'avanture haster?
Constante
Qu'as-tu à faire d'arrester Le valet du seigneur Loys, A babiller devant cest huys Avec luy? vous sentez le cueur :
Encor'avec un serviteur.
Sainct Jean, le bon ami de Dieu, Vous irez en un autre lieu Faire vostre belle menée.
Comment, madame l'afïétée Est-ce Testât que je vous monstre?
Croyez que si je vous rencontre, Vous maudirez à jamais l'heure D'avoir entré en mon demeure.
Marchez, marchez, entrez dedans.
[seitle].
Voylà, c'est l'amour de ce temps; Aujourdhuy Ion ne voit plus homme Garder la fidélité, comme Les amoureux du temps passé.
Le ferme amour est déchassé.
Et en son lieu une feintise, Le seul masque, à sa place prise.
Nous ce pendant, mal avisées, Sommes plus souvent abusées Par ceux qui ne font que chercher Le moyen de nous débaucher.
Et voylà comment au jourd'huy La fin d'amour n'est rien qu'ennuy :
Car des hommes l'outrecuidance Est cause de ceste inconstance Eux qui tireroient d'une femme Les biens, l'honneur, le corps et l'âme : Et puis quand ils ont faict, à Dieu, Tout autant en un autre lieu, Ainsi que fortune leur donne :
Mais en vain je me passionne.